Conflit Americano-Israël Vs Iran : Trump recule. L’IDF paralysée par les drones FPV

Félix Epée
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Washington et Tel Aviv pris au piège de leur agression et de la capacité de riposte des Iraniens et du Hezbollah. Pour cacher cette vérité, Trump procède par des annonces mensongères et des affirmations tapageuses sur une reprise de combat ou des négociations. Netanyahou de son côté prétend vouloir allouer un budget illimité à Tsahal laminée pour continuer sa guerre.

19 mai 2026. La veille de la ‘Fête de l’Unite Nationale’ au Cameroun. Trump prétend avoir choisi d’annuler l’attaque militaire américaine prévue contre l’Iran. Laquelle devait avoir lieu le 19 mai 2026. La raison, les dirigeants des Etats du Golfe (notamment le Qatar, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis) l’auraient supplié de ne pas relancer cette guerre. Mais la vérité est toute autre.

Deux versions de la même histoire

Le ‘Wall Street Journal’ et certains rapports affirment que Donald Trump n’a jamais pris en considération ses alliés stratégiques au Moyen-Orient. Tout comme ces Etats du Golfe ignoraient que les Etats-Unis, s’apprêtaient à frapper l’Iran, le 28 février 2026, marquant ainsi le début de la phase actuelle du conflit, ils n’avaient pas été informés avant l’attaque israélienne du 12 juin 2025, ni de l’imminence d’une attaque le 19 mai. En fait, le régime Trump se parle à lui-même. Pendant qu’il annonçait qu’il n’était qu’à une heure de donner l’ordre d’attaquer l’Iran, l’amiral Charles Bradford Cooper II, chef du Commandement central des Etats-Unis (CENTCOM) déclarait ce même 19 mai devant le Congrès, qu’ils avaient ‘atteint tous leurs objectifs.’ Et ‘maintenaient désormais, le blocus.’

Donald Trump rassurant le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, lors de leur rencontre à la maison blanche que tout accord final avec Téhéran prévoirait le démantèlement du programme nucléaire iranien et le transfert du stock d’uranium hautement enrichi hors du pays.

D’une déclaration mensongère à une affirmation tapageuse, le régime Trump alterne un discours de force militaire à celui de la négociation. La raison est simple. Bien que les Etats-Unis soient une puissance militaire écrasante, Washington hésite à payer le prix d’une nouvelle guerre régionale prolongée. Ils ont peur. Leurs spécialistes n’avaient jamais imaginé que l’Iran leur imposerait une guerre d’usure. Ils n’avaient pas prévu qu’ils subiraient de cette puissance moyenne une riposte qui anéantirait toutes les installations et tous les actifs militaires américains au Moyen-Orient. Ils ne s’attendaient pas que la puissance de feu iranienne calcine une grande partie des forces militaires du Golfe et certaines infrastructures énergétiques et industrielles de la région. La guerre a donc révélé que la supériorité militaire américaine ne garantit pas automatiquement la victoire ni la stabilité du Golfe.

Réseau qui ne rompt pas

Ainsi, l’Iran qui n’a pas engagé toutes ses forces dans la bataille dès le premier jour, et qui, selon Le ‘New York Times’ inquiète de plus en plus, le Pentagone par son efficacité à suivre les opérations aériennes américaines et à renforcer ses défenses antiaériennes, apparaît comme un ‘réseau qui plie, mais ne rompt pas.’ Toujours prêt à rendre les coups. Lire aussi: Conflit israélo-américain Vs l’Iran/ 2000 drones et 40 avions israéliens abattus par l’Iran en un seul engagement : Catastrophe cachée par les media occidentaux.

Sur ce, Elijah Magnier, journaliste chevronné, correspondant de guerre, explique. ‘Selon le droit international, tout pays qui attaque l’Iran—ou qui contribue à une telle attaque—se retrouve impliqué dans le conflit. Or, l’amiral Cooper—tout comme l’ensemble de la hiérarchie militaire, à l’instar du général Kaine—a affirmé que ces pays du Golfe avaient travaillé main dans la main avec l’armée américaine durant le conflit, pour combattre l’Iran, défendre les Etats-Unis et assurer leur propre défense. Ils étaient des partenaires à part entière, et ils ont échoué.’ Patrick Lancaster, correspondant de guerre au front ukrainien, ajoute. ‘Ceux qui disent que l’Iran tape sur ses voisins qui n’ont rien à voir avec ce conflit sont déconnectés de la réalité politique et des enjeux hégémoniques et militaro-économiques de la région.’

Entre les Etats-Unis, leur allié israëlien et l’Iran, le bras de fer continue.

Il est donc vain de se demander si ‘l’Iran enfreint les lois de la guerre, les résolutions de l’ONU, le droit de la mer, la liberté de navigation ou le droit de passage inoffensif. Il est inutile de se perdre en spéculations et en débats intellectuels pour déterminer si l’Iran a tort ou raison. La guerre imposée à l’Iran dans son ensemble est illégale et injuste.’ Conclut Magnier.

Victoires iraniennes

A ce stade du conflit, le résultat de l’Opération ‘Fury Epic’ s’est révélée bien plus dévastatrice qu’anticipée. Elle a coûté aux Etats-Unis selon un rapport du Congrès, 42 aéronefs militaires et près de 29 milliards de dollars. Ebranlant les calculs stratégiques des planificateurs du Pentagone. Et remettant en cause certains postulats fondamentaux de la supériorité aérienne occidentale.

En infligeant cette lourde défaite aux Américains, l’Iran a grappillé quelques victoires. Les pays de la région comprennent désormais ce que cela leur coûterait si la guerre devait se poursuivre. Alors, ils ne voient plus aucun intérêt à cette guerre. Pire, ils savent qu’ils ne parviendront plus sous le couvert des Américains, à atteindre aucun des objectifs initialement affichés. La coexistence pacifique avec l’Iran est une obligation désormais. De surcroît, personne n’avait jamais entendu parler du détroit d’Ormuz et de Bab el-Mandeb avant la guerre. Après quelques mois, l’Iran a enrichi les connaissances en géographique des populations à travers le monde. Il a également instruit le monde sur la fonction économique de ces détroits. Et obligé les Etats-majors et les écoles de guerre à reconsidérer en profondeur l’étude de leurs flans maritimes et les voies maritimes comme un des facteurs principaux de la géostratégique. Mieux, l’Iran a obtenu un cessez-le-feu, bien qu’en traits fins et ‘sous assistance respiratoire.’

Drones insaisissables de Hezbollah

Trump n’est pas seul à souffrir dans les airs. Netanyahu aussi. Les frappes du Hezbollah par l’utilisation de drones FPV, perturbent (selon un nouveau rapport du radiodiffuseur public israélien ‘KAN News’) jusqu’à 80 % des opérations que l’armée israélienne avait planifiées pour le Sud-Liban. l’IDF se retrouve désormais dans une situation stratégique délicate. Et manque cruellement de matériel pour riposter à ces attaques. Le budget illimité que Netanyahu prétend vouloir leur allouer pour continuer sa guerre ne changera rien.

Des responsables israéliens le reconnaissent. Ils affirment sous anonymat qu’il n’existe aucune solution militaire claire face à cette menace grandissante du Hezbollah. Ses drones de 15 kg, voire 30 kg, dont certains peuvent transporter 60 kg d’explosif, sont redoutables. Ils pulvérisent aisément les engins (camions, bulldozers D9 géant et d’autres similaires) qui détruisent les maisons dans le Sud du Liban, afin que l’infanterie israélienne progresse. Ils targettent aussi le personnel israélien, dont au moins 20 selon les déclarations des Israéliens, ont été tués depuis le 2 mars 2026.

Guerre pour éviter la prison

Neanmoins, deux raisons au moins justifient l’entêtement de Netanyahu. Dans trois mois, il doit faire face à des élections. Mais il se trouve dans une position intérieure très délicate, parce qu’il n’est pas parvenu à vaincre le Hamas. Ni réussi à détruire l’Iran, ou écraser le Hezbollah. Par conséquent, il n’a rien à offrir à son peuple à l’approche des élections. Aussi, il a trois affaires de corruption sur les bras. S’il démissionne ou perd les élections, il finira en prison. Sur le plan opérationnel, il est avéré que la domination militaire d’Israël est devenue bien plus difficile à maintenir. Voire impossible à réaliser. La surveillance constante par drones et les frappes aériennes compliquent considérablement les mouvements de troupes. La logistique et le contrôle du champ de bataille exigent désormais un scénario totalement différent de celui auquel les Israéliens sont confrontés dans le sud du Liban. Lire aussi: Conflit Etats-Unis-Israël vs Iran : Echec à Islamabad. Les Etats-Unis capitulent. Trump s’autodétruit.

En revanche, le Hezbollah a gagné en résilience. Conduisant une guerre d’usure sur le long terme, il est devenu le maître d’œuvre d’une doctrine asymétrique. Tuant de ce fait, l’époque où la seule supériorité aérienne garantissait la domination sur le champ de bataille.

Trump-Netanyahu frustrés

Au bout du compte, l’Iran et ses alliés ont démontré qu’ils étaient capables d’encaisser les coups et de continuer à infliger des pertes aux puissantes armées américano-israéliennes qu’ils affrontent. Et c’est extrêmement frustrant pour Donald Trump—qui soutient Benjamin Netanyahu dans la guerre contre le Hezbollah. Mais aussi pour Netanyahu qui, malgré sa supériorité aérienne et sa toute-puissante machine militaire, n’arrive pas à retourner la population contre le Hezbollah. Et se révèle incapable de le vaincre par l’intermédiaire de l’armée libanaise.

Feumba Samen

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