Le leader du Mouvement de la renaissance du Cameroun, dans son élan à solliciter l’aide de la France pour accéder au pouvoir, fait fi des conditions et risques qui sous-tendent ce type de relation et d’exhortation.

‘La France n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts.’ Cette déclaration du Général De Gaulle est l’acte fondateur pour l’assassinat des dirigeants-souverainistes africains. Les visionnaires qui ont entrepris de briser le joug colonial. Parallèlement, sur le terreau de cette philosophie politique française, la cellule des traitres africains au service de la France a été créée. Ses adeptes donnent à la France l’accès aux matières premières stratégiques africaines. Financent la vie politique française. Offrent à ce pays prédateur, les outils nécessaires pour instaurer un système qui tient en laisse les nations africaines.
Même classique
Kamto est bon pour le service. Sa rhétorique faisant foi—‘qu’ils n’essayent pas en 2025! Parce que je vous le dis avec le plus grand calme. En 2025! S’ils essayent, ça prendra ceux que ça prendra, les survivants arrangeront le pays,’ et les ‘50 morts’ du Sénégal. Ses ouailles ne sont pas moins violents. ‘Si les gens veulent que le pays bascule dans la violence, alors il basculera dans la violence.’ Clament-ils. Candidat de l’étranger au Cameroun, le président du MRC agrémente sa balade de mots et d’expression guerriers à travers un ‘chapelet d’approximations, de contradictions, de prétentions, d’inconséquences et parfois de vilenies qui ne contribuent pas à enrichir la qualité de la vie publique.’ Ecrit le Pr. Luc Sindjoun, dans son papier, ‘De l’inquiétant vide d’un discours d’opposition.’ Texte critique du message mercenariat de Maurice Kamto livré le 30 mai 2025 à Paris, siège de la déstabilisation des nations africaines.

L’expertise de Kamto s’ajuste au classique d’Alassane Ouattara. Créer les foyers de tension. Fabriquer les morts. Enflammer la petite conscience politique comme celle du MRC. Et embraser le pays. Au cours du processus, faire intervenir la France et l’Occident profond par ses institutions (ONU, CPI, Union Européenne, Union Africaine, CEMAC, BEAC) dans le jeu électoral. Puis, au bout de la chaine, lâcher des bombes sur le crâne des Camerounais.
Echange à huis clos
Ce scenario est confirmé par Claude Wilfrid Ekanga Ekanga (membre du directoire du MRC), au terme d’un ‘échange à huis clos’ tenue le 20 mars 2025 à l’Hôtel de l’Industrie à Paris. Au cours de cette rencontre sous le faux-drapeau d’un ‘débat’ sur le ‘panafricanisme et néo-panafricanisme,’ tout ‘enregistrement était proscrit.’ Officiée par trois gourous—un élément du Ministère français de l’intérieur, une représentante du Quai d’Orsay et une autre du ministère des Armées’ son objet est énoncé par Ekanga. ‘C’est Kamto qui m’envoie signer des accords militaires avec la France pour déstabiliser le Cameroun.’ Lire aussi: https://mibiamaafrica.com/cameroun-presidentielles-2025-maurice-kamto-candidat-des-francs-macons/
Il prévient qu’il pourrait ‘larguer avec ses nouveaux amis français une bombe sur le palais d’Etoudi.’ Dans ce sillage, Hyacinthe Fouda, influenceur et analyste-géostratège Gabonais, estime qu’‘il y a une conspiration entre la France et le MRC pour empêcher le Cameroun de se libérer.’ Pour atteindre cet objectif, des critiques pensent que ‘Maurice Kamto est parti en France [fin mai 2025] pour négocier l’achat des armes pour déstabiliser le Cameroun.’
Contrer l’Afrique
Ceci pour la simple raison que la France ne pardonne pas au président Paul Biya de s’être soustrait des ‘accords coloniaux.’ Et d’avoir préservé les ressources naturelles et stratégiques de son pays. A ces griefs, il faut ajouter que ce ‘vieillard’ a fait du Cameroun la rampe de lancement de la renaissance du ‘panafricanisme’ en Afrique, dans les Caraïbes, et dans le monde. Toute chose qui a brisé la peur du ‘blanc.’ Essaimé la prise de conscience sur les potentialités de l’Afrique et des Africains. Ouvert les pistes de la réécriture de son Histoire. Permis le ‘chassement’ des armées mercenaires françaises de la RCA et du Tchad. Et surtout, jeté les bases de la naissance de la Confédération de l’AES. Avant ça, Paul Biya avait été le seul chef d’Etat Africain en exercice à soutenir le combat du président Gbagbo. Contrairement à Kamto Maurice, allié de Ouattara, tous soumis à la France, qui tiraient sur toutes les ficelles possibles et inimaginables pour le faire condamner.

Alors, Paul Biya qui a ‘ouvert les yeux aux Africains’ est dans le viseur de ‘ce jeune idiot d’Emmanuel Macron.’ Expression chère à Thierry Breton, ex-ministre de l’Economie français, qui craint pour l’avenir de la France et l’exprime. ‘Si la France perd ses colonies, soyez sûre d’une chose, nos enfants et nos arrière-petits-enfants iront en Afrique pour chercher à gagner leur vie. L’immigration va se tourner vers un autre camp.’ Pour laver cet affront et reconquérir le leadership français perdu, Thierry Breton a des idées. Il explique. ‘Pour contrer cette nouvelle vision africaine, l’Europe doit s’unir’ non seulement contre Paul Biya, mais également contre les leaders de l’AES.
Il dit pourquoi. ‘Si l’un de ces chefs putschistes tombe, les autres se retireront.’ Le Général François Lecointre, ex-chef d’état-major des armées françaises (2017-2021) partage cette idée de la recolonisation du Continent. Ses propos sont sans ambiguïté. Clairs et concis. ‘L’Europe devra se décider à aller défendre ses intérêts, y compris par les moyens militaires.’ Mieux, il affirme. ‘On ne fait pas la guerre pour la démocratie mais pour les intérêts de la France.’ Leçon fondamentale pour Kamto et les autres qui vont chercher la ‘démocratie’ en France ou en Occident.
Concours Bulu et rattrapage ethnique
Mais le patron du MRC est un esclave qui refuse de s’affranchir. Normal! Il n’a jamais(?) feuilleté un bon livre d’Histoire. Surtout pas sur les grandes conquêtes. Ni par curiosité. Et encore moins pour s’instruire. Son ‘illettrisme’ en géopolitique et stratégique, handicape son analyse des grands enjeux et conflits géoéconomiques imposés aux pays africains. Il ne comprend donc pas que remettre tout pays du Continent sous le joug, reste pour la France le seul levier pour redynamiser ses institutions en berne. Ressusciter son économie au creux de la vallée. Et donner une chance à ce pays en lambeaux pour se reconstruire au sein de l’Europe. Par ailleurs, Kamto n’aurait aucun indicateur qui le renseigne sur le projet de recolonisation de l’Afrique ficelé depuis 1989. Ceci, lors d’un colloque international sur la Révolution française tenu à l’ambassade de France, à Saint Louis au Sénégal. L’Occident aime ce genre d’analphabète politique friand de pouvoir. Il lui dicte son plan. Il exécute.

Sans culture ni morale politique, Maurice Kamto, ‘beaucoup plus que les convictions et les programmes (inexistants) de gouvernance, c’est le repli identitaire (ce mal porteur de violence) qui sous-tend [ses] débats.’ Ecrit le Pr. Pierre Roger Tsafack Nanfosso. Par le biais de la ‘question Bulu,’ il a injecté la graine ethno-fasciste dans les esprits faibles. ‘Si je pouvais passer un concours pour devenir Bulu, je le ferais, mais je suis Bamiléké.’ Exactement ce que Ouattara disait. ‘On ne veut pas que je sois président parce que je suis Musulman et du Nord.’ Au bout du rouleau, ses ‘employeurs-blancs’ ont surfé sur la politique identitaire pour massacrer les Ivoiriens. Les exproprier de leur terre. Confisquer leur économie. Et faire d’eux des citoyens de seconde zone dans leur pays. Le germe anti-Bulu semé à la Cour constitutionnelle en 2018, pourrait conduire à une telle catastrophe. Il ‘s’est tellement développé que les fruits qu’on a aujourd’hui, portent allégrement la marque Kamto.’ Soutient Roger Tsafack. Précisément comme le ‘rattrapage ethnique’ en Côte d’Ivoire porte la griffe de Ouattara.
Nul ne peut déstabiliser le Cameroun
La France maçonne et agonisante croit voir le drame venir. ‘Redoutant une crise pendant l’élection présidentielle d’octobre prochain au Cameroun, la France invite ses ressortissants à se tenir prêts.’ Ecrit ‘L’Info à chaud,’ no 1368, du 13 juin 2025. Mais elle ignore plusieurs paramètres. Le Cameroun n’a pas le même parcours dans la lutte patriotique et nationaliste que d’autres pays africains. Ils n’ont pas le même statut colonial—colonie pour d’autres, sous-mandat pour lui. Le Camerounais est un peuple mûr qui a taillé son pays dans le sang, la sueur, les viols, et le napalm français. Un tel peuple ne cède pas à la manipulation. Et personne ne peut tuer cette masse patriotique et laborieuse. Ni affaiblir sa fibre combattante. Ni faire tomber ce que le président Biya et les Camerounais dans la douleur, la pauvreté, et les sacrifices, ont construit. Même s’il doit laisser en héritage une seule brique. Les Camerounais bâtiront sur elle, et non recommencer.
La haine profonde et sans masque de la France vis-à-vis du Cameroun est sans conséquences. ‘Aucun pays au monde ne peut déstabiliser le Cameroun. Même pas le président Biya si cela lui venait à l’esprit’ Proclame en substance Banda Kani, président du Nouveau Mouvement Populaire (NMP). Sur cette prophétie, la France ne peut briser la souveraineté du Cameroun. Ni le morceler comme le Soudan. Ni dénaturer sa culture.
‘Le Cameroun possède une puissance que personne ne peut déterminer. Une grande force spirituelle.’ Rappelle très souvent Banda Kani. La France, les francs-maçons, l’Occident global, Kamto, et tous les dénaturés ne peuvent pas amener les Camerounais à renier leur identité et leurs racines. Personne ne peut les détourner de leur ancestralité pour qu’ils épousent les modes de vie contre-nature d’un occident dégénérescent. Personne ne peut embraser ce pays.
Feumba Samen
