Tant que nous continuerons à croire qu’il suffit de confier notre destin footballistique à un entraîneur d’origine européenne pour garantir la réussite, nous resterons prisonniers d’un vieux complexe d’infériorité. Voilà qu’un tel entraîneur, se présentant comme un fin connaisseur, est venu BRYSer l’œuvre patiemment mise en place par Rigo. Et pourtant, malgré un effectif composé de joueurs évoluant dans les plus prestigieux championnats du monde, il s’est montré incapable d’accomplir ne serait-ce que le minimum de ce que Rigo avait réalisé.
Il est temps d’arrêter de dévaloriser les nôtres au nom de préjugés hérités d’une autre époque. Les calculs mesquins liés aux gains financiers dans l’administration du football au Mboa ne devraient jamais primer sur les intérêts supérieurs de la nation.
Soyons sérieux : dans quel pays digne de ce nom, avec des légendes vivantes telles que Tokoto Jean Pierre, Roger Milla, Thomas Nkono, Joseph Antoine Bell, Bonaventure Djonkep, Kana Biyik, Omam Biyik, Rigobert Song, Patrick Mboma, Gérémi Njitap, Samuel Eto’o et tant d’autres, irait-on chercher un entraîneur à l’étranger pour venir “BRYSer” ce qui était en construction, alors que l’expertise locale est de haute qualité et reconnue ? Il n’y a peut-être que le TCHOKÔLISME pour expliquer une telle absurdité. Mais jusqu’à quand allons-nous continuer à nous complaire dans la médiocrité ?
À mon humble avis, cette élimination survint déjà contre l’Eswatini en Afrique du Sud, suite au match nul concédé par les Lions indomptables ; le reste n’était que la suite logique de cette contre-performance. Elle doit être comprise comme une leçon. Elle met en lumière, de manière crue, l’amateurisme de nos fonctionnaires dans la gestion du football national. Que cette défaite devienne une prise de conscience collective : seule une gouvernance lucide, débarrassée des complexes et des intérêts personnels, peut conduire notre football vers la véritable grandeur.
Notre pays est à l’aube d’une renaissance. Cette transformation ne saurait épargner notre football ni son administration. Il nous appartient de bâtir un modèle qui valorise nos compétences locales, qui libère nos talents et qui place l’intérêt national au-dessus de toute autre considération. C’est à ce prix que le Mboa retrouvera sa dignité sportive et son rayonnement.
Massoda-Ma-Nlep