Dans son conflit contre l’Ukraine et ses alliés, le président russe combine guerre et affaires. L’efficacité de ses armes sur le terrain de bataille et le dessus pris sur ses adversaires font de son pays un grand fournisseur d’armes sollicité dans le monde tout en brisant le mythe de l’invincibilité de l’Otan.

L’‘Opération militaire spéciale’ de la Russie en Ukraine lance en février 2022 pour dénazifier ce pays, semble loin de l’Afrique. Pourtant, cette guerre de proxy oubliée sur le Continent, est très instructive sur les plans géopolitique, stratégique et militaire. Les statistiques de ce conflit brisent la légende d’invincibilité de l’OTAN construite par les media-mensonges.
Stocks ukrainiens détruits
Les pertes ukrainiennes dans sa guerre contre la Russie en mi-juillet 2025 sont énormes. L’armée de Volodymir Zelensky a perdu son premier avion de chasse F-16—la fierté des Etats Unis—en août 2024. Quelques jours seulement après sa mise en service. Ont suivi trois pertes consécutives en avril, mai, et juin 2025. Ce qui donne un total de 4 F-16 cramés en moins d’un an. Le nombre total de chars perdus est de 1 100 dont 55 lors de la bataille de Koursk.

Devant la nation le 12 juin 2025, le président Vladimir Poutine a annoncé que les forces de défense aérienne russes avaient éliminé plus de 80 000 menaces aériennes depuis le début de l’‘Opération militaire spéciale.’ Ces menaces incluaient des drones, des missiles et des avions. Parmi ces pertes, 7 500 étaient des missiles balistiques tactiques et des munitions de précision à longue portée. Plus de 63 000 drones. Ces chiffres montrent à quel point le ciel ukrainien est devenu un immense champ de bataille. Cette masse d’engins volants abattus ne pose pas seulement la question de ‘quantité’ mais également celle de la ‘forteresse’ qu’est le ciel russe, et sa ‘capacité fonctionnelle’
Structure du ciel russe
Le rempart spatial russe puise sa puissance dans sa structuration. Contrairement à de nombreuses armées modernes, la Russie ne s’appuie pas sur un seul système pour protéger son ciel. Son ‘système de défense aérienne’ est multicouches. Au sommet se trouve le S-500 Prometheus, joyau de la défense aérienne russe. Ce ‘gardien spatial’ est capable de détruire des cibles hypersoniques jusqu’à 200 km d’altitude. Il est déployé dans des zones hautement prioritaires comme Moscou et la Crimée. La protection des infrastructures depuis 2024 est assurée par des unités S-500 et des plateformes de brouillage stationnées à proximité. Ces boucliers font que les drones ukrainiens, autrefois efficaces, atteignent désormais rarement leurs cibles. Lire aussi: https://mibiamaafrica.com/russie-jour-de-la-victoire-coup-de-pied-de-poutine-a-la-gueule-de-loccident/
Juste en-dessous de cette ‘muraille spatiale,’ ce sont les S-400 Triumf. Plus de 50 de ces batteries sont actives sur le territoire russe et sur des positions avancées. Le S-400 peut anéantir les avions et les missiles ennemis jusqu’à 400 km de distance. C’est le véhicule idéal pour défendre les sites stratégiques, les lignes de ravitaillement et les postes de commandement. Viennent ensuite les systèmes de moyenne portée Buck M-3 et S-350 Vityaz. Mobiles et flexibles, Ils sont facilement déplaçables en appui sur les fronts chauds. Ces plateformes assurent une couverture radar sur l’ensemble du front. Elles sont essentielles pour contrer les missiles de croisière ou les frappes de drones de moyenne portée.

La dernière ligne de cette fortification spatiale comprend les systèmes tueurs à bout portant comme le Pantsir-S1, le Tor-M2 et même les bons vieux canons ZU-23-2, désormais conçus pour la seule mission d’abattre de petits drones à basse altitude. Plus de 100 systèmes Pancer sont en service en 2025. Un nombre important est affecté à la protection des dépôts pétroliers, aérodromes et des ponts du Donbass et du sud de l’Ukraine. Ce système traite un quadricoptère (drone à quatre rotors) comme un missile de croisière. L’ensemble de ces systèmes fait que la Russie domine la guerre de l’espace.
Intelligence humaine et artificielle
Ces victoires ne sont pas le fruit du hasard. C’est le résultat d’un capital humain qui allie ‘intelligence humaine’ à l’‘intelligence artificielle.’ Conjugue l’évolution tactique, technologique, et stratégique. Ce pont entre ces deux intelligences a perfectionné la guerre électronique, et la rendue destructrice et mortelle. Il a dispensé la Russie de radars de haute technologie ou de systèmes à plusieurs milliards de roubles. Grace à ce pont, des escadrons anti-drones sont dressés dans les zones à forte intensité de combat. Des unités de brouillage équipent chaque poste de commandement majeur. Avec le concours des plateformes de guerre électronique mobiles, la Russie a développé un moyen d’aveugler, de tromper ou de détourner les drones ennemis en plein vol. Les rendant inutilisables ou les retournant contre leurs opérateurs.
Bien que la guerre électronique s’impose de plus en plus, la Russie a équipé des soldats de mitrailleuses, de brouilleurs et même de fusils de chasse. Ils patrouillent près des dépôts, des aérodromes et des sites radar. Ils ont abattu des milliers de drones bon marché sans gaspiller de missiles. Du ciblage assisté par intelligence artificielle au déploiement de systèmes de missiles mobiles près des lignes de front, l’armée russe maîtrise la guerre des drones.

Double-messages et business des armes
Ces chiffres servent deux objectifs. Sur le plan national, ils rassurent les Russes quant à la défense du territoire. Sur le plan international, ils envoient deux messages à l’OTAN et ses alliés. D’abord, leurs armes ne passent pas entre les mailles de la cuirasse russe. Ensuite, les unités les plus avancées de l’OTAN, des îles Storm Shadow aux attaques américaines, sont à portée de tir.
Le ‘système universel de défense aérienne’ russe, est composé de plateformes interconnectées, de données radars partagés, une automatisation rapide des réponses et un réseau couvrant tout le champ de bataille, capable de réagir aux menaces en quelques secondes, et non en quelques minutes. Ce système qui signale non seulement un changement de doctrine, a transformé la perception mondiale de défense aérienne.
Le bouclier aérien russe n’est pas seulement efficace. Il est commercialisable. Des pays comme l’Inde, la Turquie et la Chine, achètent déjà des S-400. Poutine combine guerre et business. Cela stimule les exportations militaires russe.
Feumba Samen
