L’agression de la coalition américano-israélienne contre l’Iran a connu une riposte sans précédent. Des représailles qui ont désarticulé tout le système de radar et de surveillance aérienne américain dans la région du Moyen-Orient et entrainé de nombreuses pertes matérielles et humaines aux Etats agresseurs.

Un rapport du ‘Congressional Research Service’ préparé à partir d’informations du Pentagone, du Commandement central américain (CENTCOM) et de médias spécialisés dans la défense, établit de lourdes pertes pour l’armée de l’air américaine lors de la troisième guerre israélo-américaine imposée contre l’Iran. Au moins 42 aéronefs détruits.
Il était une fois
Tout a commencé le 28 février 2026. Les Etats-Unis et Israël ont lancé leur guerre d’agression illégale et non provoquée contre l’Iran. Le Leader de la Révolution islamique, l’Ayatollah Sayed Ali Khamenei est tué. Des installations nucléaires frappées. Des écoles et hôpitaux bombardés. Des élèves et malades dépiécés. Des infrastructures civiles éventrées.
La riposte de l’IRGC à travers l’‘Operation « True Promise » IV s’est révélée dévastatrice. Hors des prévisions américano-israéliennes. Des représailles qui ont désarticulé les calculs stratégiques des planificateurs du Pentagone. Au moins cent vagues de frappes-de-précision sont actionnés—des centaines de missiles balistiques et hypersoniques, ainsi que des drones, sont lancés sur des bases militaires américaines à travers l’Asie de l’Ouest et des cibles israéliennes dans les territoires palestiniens occupés.
Près de 13 000 vols selon ‘The War Zone,’ sont effectués pendant cette guerre par l’US Air Force. Les coûts réels à long terme pourraient largement dépasser les estimations actuelles (environ 29 milliards $). Précise le rapport du Congrès.
Un bilan aérien préoccupant
Rendu public le 13 mai 2026, ce rapport dresse un bilan catastrophique des pertes subies par l’armée de l’air américaine. Les aéronefs détruits ou gravement endommagés sont de plusieurs types—Parmi eux, quatre chasseurs F-15E Strike Eagle. Un chasseur F-35A Lightning II. Un avion d’attaque au sol A-10 Thunderbolt II. Sept avions ravitailleurs KC-135 Stratotanker. Un appareil de surveillance et de contrôle aéroporté E-3 Sentry AWACS. Le rapport évoque aussi la destruction de deux avions d’opérations spéciales MC-130J Commando II. Un hélicoptère de sauvetage au combat HH-60W Jolly Green II. 24 drones MQ-9 Reaper, ainsi qu’un drone de surveillance haute altitude MQ-4C Triton. La liste ne s’arrête pas là. Elle s’ajoute aux sinistres que l’Iran a infligés aux systèmes radar, aux systèmes de défense aérienne, et à au moins 13 bases militaires américaines dans la région.
La lieutenante-colonelle à la retraite de l’US Air Force et professeur Karen Kwiatkowski a souligné que ‘‘‘ces dégâts sont catastrophiques.’’ Elle rappelle par ailleurs que les Etats-Unis n’ont aucune raison de mener une guerre contre l’Iran—un pays qui ne représente aucune menace pour le territoire américain, et un conflit pour lequel le peuple américain n’a ni voté ni manifesté son soutien.’
Profondeur opérationnelle
Le F-35A a toujours été vu comme l’un des chasseurs les plus avancés jamais produits. Cet appareil furtif de Lockheed Martin était réputé quasiment invulnérable aux systèmes de défense aérienne conventionnels. Alors que le ravitailleur KC-135C était considéré comme la colonne vertébrale de toute opération aérienne de longue portée. Et le E-3 Sentry AWACS jouait le rôle de l’œil dans le ciel des opérations militaires américaines, capable de coordonner les interceptions et d’anticiper les vagues de missiles. La destruction d’un F-35A, la perte de sept ravitailleurs KC-135, de même que l’anéantissement d’un E-3 Sentry AWACS, ne sont pas que des victoires militaires symbolique. Et ne se mesurent pas seulement en dollars mais en profondeur opérationnelle. Lire aussi: Conflit Americano-Israël Vs Iran : Trump recule. L’IDF paralysée par les drones FPV
Mythe brisé
L’abattage (en conditions opérationnelles réelles), pour la première fois d’un F-35A par l’Iran a démontré la capacité de ses systèmes sol-air à neutraliser une plateforme de cinquième génération. Selon un officier supérieur iranien, le mythe des avions de combat conçus pour échapper à la détection radar est révolu. ‘Nous avons complètement détruit une technologie de Lockheed Martin ; le mythe des avions furtifs est terminé.’ A-t-il déclaré. C’est un message aux soldats. Aux spécialistes et fabricants d’armes. Aux stratèges militaires et évaluateurs de la puissance des armes et des armées.
Coût financier excessif
Un message également sur le coût de cette agression. Le 12 mai, lors d’une audition devant la commission sénatoriale, le sous-secrétaire à la Défense par intérim, Jules Hurst III, directeur financier du Pentagone, a révélé que le coût total de l’‘opération Epic Fury’ atteignait désormais près de 29 milliards $. ‘Une grande partie de cette augmentation provient d’une estimation affinée des coûts de réparation ou de remplacement des équipements.’ Avait-il précisé. Lors de la première comparution (29 avril 2026) devant le Comité des forces armées de la Chambre des représentants, Hurst avait évalué la facture à 25 milliards $ (soit environ 410 millions $ par jour). Les contours de cette guerre choquent John Garamendi, représentant démocrate de Californie. Au visage de Hegseth, il lâche. ‘Vous avez menti au public américain au sujet de cette guerre depuis le premier jour, tout comme le président.’
Certains équipements détruits nécessiteraient selon les spécialistes, la relance de chaînes de production abandonnées depuis des années. C’est le cas de l’E-3 Sentry, qui pourrait contraindre le Pentagone à réactiver le programme de remplacement E-7 Wedgetail, précédemment annulé. Ceci pour un coût supplémentaire dépassant 2,6 milliards de dollars. L’ensemble des programmes de remplacement d’aéronefs pourrait finalement excéder 7 milliards de dollars. Estiment les experts.
Désastre politico-économique
John Garamendi a dénoncé un ‘désastre politique et économique,’ une ‘calamité géopolitique’ et une ‘blessure auto-infligée à l’Amérique’ en raison d’une ‘incompétence ahurissante.’ Poursuivant, il a dit, ‘le président s’est lui-même enlisé et a enlisé les Etats-Unis dans un nouveau bourbier militaire au Moyen-Orient.’ Hegseth riposte dans le registre qui sied à Trump—les injures. ‘Vous appelez ça un bourbier, en fournissant de la propagande à nos ennemis? Vous devriez avoir honte.’ Accusant les démocrates d’être ‘imprudents,’ ‘inefficaces’ et ‘défaitistes,’ il rage. ‘Pour qui vous prenez-vous?’ La lieutenante-colonelle Kwiatkowski est aussi d’avis que Trump ‘se retrouve enlisé dans un bourbier, tant sur le plan stratégique que tactique.’ Car dit-elle, ‘nous sommes désormais totalement paralysés. Ce n’est pas un simple bourbier : c’est un véritable échec et mat.’
Le représentant démocrate de Washington Adam Smith au sujet des capacités nucléaires iraniennes tacle Pete Hegseth lorsqu’il a déclaré que les installations nucléaires iraniennes avaient été anéanties lors de l’opération américano-israélienne ‘Marteau de minuit’ (Midnight Hammer) en juin 2025. ‘Vous venez de dire qu’il fallait lancer cette guerre parce que l’arme nucléaire représentait une menace imminente. Maintenant, vous dites qu’elle avait été anéantie?’ Puis, il défait Hegseth. ‘Donc, l’opération ‘Marteau de minuit’ n’a rien accompli de substantiel.’
Les propos de Hegseth mis en cause par Smith, épouse une déclaration solennelle de Trump à la Maison-Blanche en 2025. Il avait annoncé que les Etats-Unis ont mené une attaque ‘très réussie’ sur trois sites nucléaires iraniens, larguant une ‘charge complète de bombes’ sur celui de Fordo. Natanz et Ispahan (ville historique du centre du pays) étaient les deux autres sites visés. Fanfaronnant, il affirma que ‘les installations essentielles d’enrichissement nucléaire de l’Iran ont été intégralement et totalement détruites. L’Iran, le caïd du Moyen-Orient, doit maintenant faire la paix.’
Calamité géopolitique
L’‘opération Epic Fury’ visait entre autres à détruire les capacités militaires et nucléaires iraniennes. En particulier ses missiles, son armada et ses infrastructures de sécurité. L’échec de cette ‘opération’ va avoir des implications géostratégiques sur plusieurs axes. Le réseau énergétique va être perturbée par le blocage du détroit d’Ormuz (passage de 20 % du commerce pétrolier mondial). Trump qui considérait ce blocus comme une perturbation ‘temporaire’ va déchanter. Les prix du pétrole passent au-dessus de 100 $/baril. La domination énergétique américaine est ébranlée. Le prix d’un gallon de gaz qui était sous les 3$ vacille entre +$5 et +$6 au 27 mai 2026 (Alaska $5.26, Oregon $5.29, Hawaii $5.66, Washington $5.75, Californie $6.09).
Ce conflit a redéfini la carte-des-puissances-et-alliances au Moyen-Orient. Brisé l’indomptabilité d’Israël. Flétri la confiance des ex-alliés des Etats-Unis. Renforcé le positionnement sino-russe dans la région. Ouvert des canaux pour le remodelage diplomatique entre les Etats arabes et l’Iran. Mis en lumière la vulnérabilité des plateformes américaines à haute valeur-ajoutée (de pointe)—ravitailleurs, appareils de surveillance et drones.
Feumba Samen
