A l’ouverture de sa campagne le mardi 07 octobre dernier à l’Extrême-Nord, le président camerounais a réussi à maintenir devant le petit écran toute la classe politique de l’opposition, ainsi que leurs militants, sympathisants et les badauds qui grossissent leur rang en tournée au point de les faire oublier leurs occupations respectives ce jour.

Paul Biya, ne se met jamais sous les ordres du temps. En revanche, c’est le temps qui se met à sa disposition. La présidentielle 2025, vient une fois de plus de le confirmer.
Croquer sans assaisonner
Lancée le 27 septembre 2025, la campagne électorale comptant pour la présidentielle du 12 octobre 2025 est partie sur les chapeaux de roue. Du moins pour les oppositions. Leurs leaders ont à défaut d’un consensus, sillonné quelques villes. Partout, ils ont caqueté sur l’âge et l’absence de leur concurrent, le président Biya. Ils ont quelque fois présenté un fragment de ce qu’ils appellent leur programme politique. Sur les plateaux télé ou sur les antennes de radio station, avec des invités et des journalistes aussi médiocres que les acteurs politiques des oppositions, Paul Biya est passé sur le grill. Assaisonné ou pas, il doit être croqué.
Sans un ‘mâle alpha.’
Mais le candidat du RDPC (Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais) sait que ‘la course des enfants c’est le matin.’ Il a l’‘expérience.’ Incarne la ‘grandeur’ et l’‘espérance.’ Pour mettre la barre au même niveau de compétition, il prend quelques jours de congé. Laisse le champ libre à ses opposants pour s’exercer. S’entraîner. Apprendre à parler au public. Savoir faire le choix des mots. Nettoyer et polir leur langage.

Il est informé que ses opposants sont face à un dilemme. Aller à la compétition en rang dispersé ou en meute avec un ‘mâle alpha.’ Pendant qu’il jouit de ses vacances-travail, les oppositions, les ‘plus idiotes’ se déchirent. Leurs universitaires, leur branche LGBQT+, leurs propagandistes des media périphériques locaux et étrangers, leurs théoriciens des plateaux, leurs nouveaux membres du Manidem, leurs cybercriminels, et autres, sont incapables de se mettre ensemble contre lui. Les renseignements français sont sans stratégie incitative à l’union. La seule option qui leur reste c’est la violence post-électorale construite sur le modèle de Ouattara-Sarkozy, basé sur le cyber-piratage des données ou de l’anticipation sur la vulgarisation de faux résultats.
Opposition en chômage-payé
Parce qu’ils n’arrivent pas à s’entendre, le président revient dans son pays le 1ᵉʳ octobre, après un ‘court séjour privé-travail’ entamé le 21 septembre. Puis prends quelques jours de repos pour donner une nième chances aux opposants (?). Mais rien ne se profile à l’horizon. Paul Biya qui a voulu démentir la thèse selon laquelle une coalition gagne toujours les élections, est obligé de se lancer dans l’arène.

Le 7 octobre, il ouvre sa campagne à Maroua où en 2018, il avait obtenu 89,21% des suffrages exprimés, confirmant l’Extrême-Nord comme un bastion du RDPC. A cinq jours avant les élections, chaque rencontre politique compte pour mobiliser les bases et convaincre les indécis. Mais le président Camerounais à réussir à mettre en chômage-payé, toute la classe politique de l’opposition. Presque ou tous leurs militants et sympathisants, ainsi que les badauds qui grossissent leur rang en tournée, sont devant leur petit écran. Les caïds qui sont descendus sur le terrain n’ont pas le cœur à l’ouvrage. Tout se fait vite et presque dans l’‘intimité familiale,’ pour emprunter une expression qui sied dans d’autres circonstances. Lire aussi: https://mibiamaafrica.com/cameroun-presidentielles-2025-affichage-electoral-lopposition-absente/
Message de maturité politique
Le discours de Maroua est celui de la maturité politique. Circonscrit. Court. Précis. Sans insultes. Il est d’abord, un message de reconnaissance. ‘Aux populations de l’Extrême Nord, Je suis profondément touché que vous êtes venus en si grand nombre à ma rencontre, merci pour le soutien que vous n’avez cessé de me témoigner années après années malgré les calomnies, les affabulations. Oui chers amis, vous êtes restés fidèles aux institutions, vous êtes restés solides comme des rocks, vous êtes restés constants à mes efforts pour faire de notre pays une terre de paix et de prospérité.’ Mais aussi un message d’engagement et de communion au-delà de l’Extrême-Nord et du Cameroun. ‘Ma détermination à vous servir demeure intacte.’ Mais aussi une réponse aux politiques français et autres qui se préoccupent de sa retraite. ‘Je vous demande, une fois de plus, de m’apporter votre précieux soutien.’ Sollicite humblement le président auprès de sa population. Honnête, il avoue ‘bien connaître les problèmes qui préoccupent’ la population.

Aux opposants (?) et à tous ceux qui ont été manipulés par des discours de haine et des promesses gargantuesques, il déclare. ‘Je connais les attentes insatisfaites qui nous font douter du lendemain.’ Le putschiste-prisonnier Sarkozy, Macron, les agents français et occidentaux, et les endo-colons, sont servis. ‘Je ne me résignerai jamais à la situation actuelle…Je ne prendrai aucun repos tant que des progrès significatifs n’auront pas été réalisés.’
Fin de campagne
Pendant que quelques chefs de parti accompagnés d’une poignée de fidèles s’accrochent dans leur village, puis, font des ‘explorations’ brèves dans quelques villes, ensuite, battent en retraite, les équipes de campagne de Paul Biya quadrillent toutes les dix régions au même moment, voire à la même heure. Dynamiques, elles pénètrent les villages les plus reculés. Vont à la rencontre des minorités ethniques comme les pygmées dans les forêts. Provoquent des désaffections dans les camps de l’opposition. Mobilisent et remobilisent. Son hymne de campagne devenu un tube en 24h, entraîne des ralliements des militants et sympathisants des oppositions au RDPC. Tout ceci mis ensemble, le meeting de Maroua, donne le ton de la fin de campagne pour la présidentielle du 12 octobre. Lire aussi: https://mibiamaafrica.com/cameroun-presidentielle-2025-lopposition-emiettee-a-deja-perdu/

Chirac témoigne
Paul Biya est un génie politique incontestable. Il suscite curiosité et questionnement auprès de bons pratiquants de la politique. ‘Comment fait-il pour diriger depuis si longtemps un pays aussi complexe en s’y consacrant aussi peu ?’ S’interrogeait Jacques Chirac auprès d’un de ses proches collaborateurs. Avant d’ajouter, ‘Paul, c’est quelqu’un d’équilibré et de concentré, mais c’est aussi le seul chef d’Etat qui ne me prends pas au téléphone et ne me rappelle pas !’ Ce témoignage devrait instruire les braillards et les politiques adeptes de l’insurrection et de la sécession. Par conséquent, ce ne sont pas les petits opposants camerounais à la solde de l’impérialisme, ou Macron leur maître, venu en politique hier, qui peuvent l’ébranler.
La campagne est close. Les urnes ouvertes le 12. Sa victoire proclamée les jours suivants. Et le Cameroun avance.
Feumba Samen
