Cameroun/Dibombari : Le Chef de Babenga destitué. Les populations en liesse.

Félix Epée
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Gustave Jean Claude Modi Dissakè a été démis de ses fonctions suite à un arrêté signé du préfet du département du Moungo daté du 22 janvier 2026.

C’est avec un grand soulagement que les populations de Babenga, village situé dans l’arrondissement de Dibombari, ont appris le 1O février 2026 dernier l’annonce de la destitution de leur chef. Parvenue aux oreilles des populations cette nouvelle  a été aussitôt suivie par une marche pacifique de remerciements au président de la république et aux autorités locales dans les différentes artères de ce village.

En effet,  une demande de destitution de Sa Majesté Jean Claude Modi Dissakè avait a été introduite auprès du ministère de l’administration territoriale par les populations de son village avec lesquels il n’était plus en odeur de sainteté. Désavoué également par ses notables. Plusieurs plaintes étaient   enregistrées contre lui. On lui reprochait entre autres, la vente illégale des terrains, l’accaparement des terres des familles, une gestion autoritaire   de la chefferie et son arrogance.

Appétits fonciers 

Cette attitude a mis en mal la cohésion au sein de cette communauté villageoise. Elle a entrainé par ailleurs une crise de gouvernance qui a fragilisé la stabilité de cette bourgade .

Les enquêtes menées par les autorités suite aux multiples plaintes adressées par les populations ont abouti à  la destitution du chef Modi Dissakè. Décision qui a permis d’apaiser la tension qui était déjà assez vive dans cette communauté. Lire aussi: https://mibiamaafrica.com/cameroun-dibombari-le-maire-accuse-de-faire-chanter-la-jeunesse/

Aussitôt démis qu’on pense déjà à le remplacer. Malheureusement, les premières consultations prévues le 13 février 2026 par le sous-préfet de l’arrondissement de Dibombari, Jean Phillipe Ngo’o Mebe, pour la désignation d’un nouveau chef, ont été renvoyées à une date ultérieure. Question de  donner du temps aux familles de s’accorder pour la présentation d’un chef consensuel aux autorités.

Babenga, comme plusieurs villages de l’arrondissement de Dibombari, a bénéficié d’une rétrocession  d’une partie de ses terres par la Socapalm (Société camerounaise de palmeraies). Environ 2 566 hectares, soit près de 23% de la concession estimée à 11 210 hectares. Une restitution actée en janvier 2026 qui tranche ainsi un vieux conflit entre la filiale luxembourgeois Scofin et les communautés riveraines. Une rétrocession qui suscite de nombreux appétits fonciers à l’origine de nombreux conflits dans ces villages. L’exemple de Babenga est un cas illustratif.

Avec la destitution de Gustave Jean Claude Modi Dissakè, plusieurs chefs traditionnels dans l’arrondissement de Dibombari englués dans les affaires foncières et  qui s’apprêtaient, comme d’habitude à se tailler la part du lion au détriment de leurs populations, seraient dans la peur. Car, ils ont désormais, face au regard et à une vigilance accrue de leurs populations, l’épée de Damoclès qui plane au-dessus de leur tête . Affaire à suivre.

Félix EPEE

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