La rupture brutale du protocole dans les moments solennels est humaine mais elle peut tourner très vite en vrille si les personnes en face n’ont pas de la hauteur de gérer en douce ces ratés.

‘Un protocole de gestion des crises est essentiel pour anticiper, encadrer et résoudre des situations critiques qui menacent la continuité d’une organisation.’ Néanmoins, face aux hommes sages, et dans de nombreux cas, la gestion informelle passe devant le formelle. Et l’intuition prédomine sur l’émotion et l’arrogance. La haute sphère politique mondiale où, il n’est pas rare d’observer un/des dysfonctionnement/s dans le protocole l’enseigne. Les Administrateurs civiles (Sous-Préfet et maire) de Bazou pourraient s’en inspirer pour éviter de profaner le Sacré.
Détourner la polémique par l’humour
Emmanuel Macron, présidentiel français, apparaît le 25 mai 2025 sur le tarmac de l’aéroport de Hanoï un peu étourdi. Brigitte Macron lui aurait posé une gifle (https://youtu.be/eM994Mnq5X0). Quelques jours plus tard, le 30 mai 2025, cet épisode refait surface lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche. Interrogé sur cette séquence, Donald Trump déclare, ‘il faut s’assurer que la porte est bien fermée.’ Détournant la polémique par l’humour. (Djeuhon Frederic, maire de Bazou, et Ntso Bilegue, le Sous-Préfet n’ont pas ce sens de l’humour).
Quelques années auparavant, un incident s’est produit le 14 décembre 2008, lors de la conférence de presse à Bagdad du président américain George W. Bush et du premier ministre irakien. Le journaliste irakien Muntadhar al-Zaidi, à quelques mètres de Bush, lui jette ses chaussures, en criant ‘C’est le baiser de l’adieu au nom du peuple irakien, espèce de chien!’ En lançant la seconde, il ajoute. ‘C’est pour les veuves et les orphelins et tous ceux tués en Irak!’ Pendant qu’on le sort de la salle, il lui dit, ‘vous êtes responsable de la mort de milliers d’Irakiens!’ Lire aussi: https://mibiamaafrica.com/cameroun-bazou-le-sous-prefet-au-coeur-dune-crise-socio-anthropologique/
Se faire traiter de ‘chien’ dans la culture arabe, ou ‘se faire lancer une chaussure’ représente l’‘insulte suprême.’ Bush réagissant à cet ‘attentat’ aux chaussures a dit, ‘Cela ne m’a pas dérangé.’ Avec une pointe d’humour face aux journalistes et agents mobilisés, il ajoute ‘Et si vous voulez tout savoir, c’était une chaussure de taille 10 (44 en taille française).
Le Sous-Préfet et Djeuhon auraient dû puiser dans la multitude de proverbes camerounais/africains pour gérer ce qu’ils considèrent comme de l’infamie. Mais leur culture générale ne le permet pas.
Habilité politique
Au sommet de l’Otan à Washington le 11 juillet 2024, le président Joe Biden a annoncé le ‘président Poutine’ en accueillant le chef d’Etat ukrainien, Volodymyr Zelensky. ‘Et maintenant, je veux passer la parole au président de l’Ukraine, qui a autant de courage qu’il a de détermination. Mesdames et messieurs, le président Poutine.’ avait-il déclaré avec l’assurance d’un père de 81 ans. Déjà loin du micro, il réalisa son ‘erreur.’ Une faute diplomatique. Puis, il est revenu pour la corriger. ‘Il va battre le président Poutine. Le président Zelensky. Je suis tellement concentré sur le fait de battre Poutine’ (https://youtu.be/tZ5l_orCJ-0). Savoir-faire politique qui évacua les susceptibilités de Zelensky. Il qualifia la gaffe de Biden, d’une ‘erreur’ qu’il a dit pouvoir ‘oublier.’
On ne peut pas demander au condescendant et méprisant maire de Bazou, et son dédaigneux Sous-Préfet d’avoir ce savoir-faire politique de Biden et du criminel Zelenskyy Volodymyr
Acte d’humilité
En route le 24 mai 2013 pour la cérémonie de remise des diplômes de l’Académie navale des Etats-Unis à Annapolis, dans le Maryland, le président Obama n’avait pas rendu (pas obligatoire) le salut au Marine qui montait la garde à la porte de Marine One, alors qu’il gravissait les marches menant à la cabine de l’hélicoptère (https://youtu.be/Np7lObaDiBk). Peu après, il est redescendu d’un pas vif pour s’adresser au Marine et lui serrer la main.
Le manque d’humilité (‘l’orgueil’) du maire et du Sous-Préfet, a exposé à Bazou, au Cameroun et en dehors, où des papiers sérieux sur la question ont été lus, ‘l’inflexibilité et les points sensibles’ de ces partenaires de crime. Comme le rappelle Dr. Francois Richer, dans ‘Le Journal du Quebec.
Main affectueuse
Le couple Obama est invité le 1er avril 2009 par la reine Elizabeth II, à une réception au Palais de Buckingham. L’ex-Première Dame brise le protocole et l’interdit, en posant son bras autour de la monarque. Celle-ci lui rend la pareille. Dans ses mémoires, ‘Becoming,’ elle revient sur cet incident qui est parti des chaussures qui les faisaient mal aux pieds, alors qu’elles étaient debout à ne rien faire, attendant les ‘grands dirigeants mondiaux’ sans savoir combien de temps cela allait prendre. Elle raconte. ‘Nous n’étions rien d’autre que deux dames fatiguées opprimées par nos chaussures. Alors, j’ai fait ce que je fais instinctivement lorsque je me sens en phase avec une nouvelle personne, à savoir extérioriser mes sentiments. J’ai affectueusement passé la main par-dessus son épaule.’ Elle poursuit. ‘Lorsque je l’ai touchée, tout ce qu’elle a fait, c’est se rapprocher de moi, posant sa main gantée avec douceur dans le bas de mon dos’ (https://youtu.be/eU_0hyjXRaM). Continuant, elle écrit. ‘A cet instant précis, je ne savais pas que j’étais en train de commettre ce qui allait être considéré comme un faux pas ultime.’ Cet énorme ‘faux pas’ protocolaire n’a ulcéré personne à Buckingham Palace. Michelle Obama a revu de nombreuses fois la reine Elizabeth II depuis ce jour.
Le Roi ou la Reine, on ne leur tend pas la main. On ne les enlace pas. On se tient à l’écart pour les honorer. Djeuhon qui a un titre fumeux de ‘feuh’/chef, (qu’il expose comme il aime bien le faire au bas de ces brouillons qu’il partage) aurait simplement exploité ce titre s’il connaît la valeur pour éviter au Sous-Préfet la maladresse qui a suivi.
Attente et sourire
Trois jours plus tard (4 avril 2009). Angela Merkel doit accueillir un par un 28 chefs d’Etat et de gouvernement pour célébrer à Kehl, en Allemagne, les soixante ans de l’OTAN. En plein milieu d’un défilé de chefs d’Etat organisé avec minutie, un couac casse le protocole. Le ‘Cavaliere’ Silvio Berlusconi, président du Conseil italien sort de sa limousine, le téléphone portable collé à l’oreille. Il fait un signe de la main à la chancelière allemande. Comme pour dire, ‘attends une minute. Je suis au téléphone’ (https://youtu.be/qE2TmXYMTAM, https://youtu.be/tYfoEbTfpXQ). Il la laisse planter au bout du tapis rouge, à quelques dizaines de mètres à l’écart. Le dos tourné. Sans avertir qui que ce soit de la raison de ce mystérieux appel. Merkel ébahie, sourit. Puis décide de commencer la cérémonie sans le ‘Cavaliere.’
il est resté au téléphone pendant pratiquement toute la première partie de la cérémonie. Il n’a pas traversé le pont avec les autres dirigeants pour aller du côté français où Sarkozy attendait. Et n’a pas participé à la première photo de groupe. Il était à la cérémonie sans y être. Ce ‘cassage du protocole’ avait été réglée en coulisse.
Ça fait la différence entre les professionnels de la politique et le rogue maire de Bazou, et son filandreux Sous-Préfet.
Plutôt amusé
Le sommet des chefs de l’Etat de l’OTAN—une première pour le président américain Trump, se tient le 25 mai 2017 à Bruxelles. Au moment de prendre la photo de famille, Il n’a pas hésité à jouer des coudes comme s’il était en train de doubler à la caisse du supermarché ou au stade. Et hop, il pousse et passe devant Duško Marković, le Premier ministre du Monténégro. Réajuste sa cravate bleue et attend les cliquetis de appareils photos. Cette scène ubuesque ne choque personne. Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, est plutôt amusé (https://youtu.be/BJcQX1b0VGA).
Mais l’incapacité du maire et du Sous-Préfet de retenir leurs émotions, leurs désirs ou leurs impulsions, a entraîné des conséquences négatives indésirables sur l’image de Bazou. Conséquences néfastes qui se retourneront sans doute sur eux (Esaïe 55:11).
Excuses du protocole d’Etat
A l’investiture d’Alassane Ouattara le 21 mai 2011, après l’usurpation avec Sarkozy du pouvoir des Ivoiriens, il y avait eu excessivement des imperfections lors de cette cérémonie. L’ambassadeur Collet Philippe Vieira à la tête du protocole d’Etat, n’avait pas accusé le protocole de telle ou telle autre délégation invitée, ni crier sur son entourage. Il avait endossé, en toute humilité, les insuffisances constatées, et promettre bien faire prochainement.
Présenter ses excuses à une autorité supérieure/inferieure (administrative, politique ou traditionnelle) n’est pas une faiblesse. Mais un signe de grandeur. Seulement, Bazou semble être sous les maléfices des administrateurs—on dirait venu d’outre-tombe.
Ecole de l’informel
Les faits ci-dessus rappellent que, ‘même’ les cérémonies les plus millimétrées ont leur moment de raté. Ils montrent également que ‘même’ les présidents peuvent avoir un bug de politesse. La rupture brutale du protocole dans les moments solennels rappelle que ‘même’ les plus disciplinés restent humains.
(Mais lorsqu’on a des Sous-Préfets sans contenance et des maires vides et ‘inculturés,’ tout va très vite en vrille. Et le Sacré profané).
Ceci incite à repenser le système de gestion et développement par l’’informel’ prôné dans les cercles de réflexion par l’Ivoirien Pascal Kokora, diplomate et professeur émérite de George Washington University.
Feumba Samen
