Une des chansons de l’artiste reprise avec des paroles obscènes fait le buzz sur les réseaux sociaux.
L’artiste ne meurt jamais a-t-on coutume de le dire. Car, bien que parti, ses œuvres continuent à nous bercer. Le phénomène est d’autant plus vrai lorsque ses titres à succès sont repris avec maestria par ses collègues ou les jeunes artistes qui leur donnent une nouvelle vie à l’absence de leur auteur. Ce n’est pourtant pas le cas pour Nguéa la Route, décédée en 2020 dont la vidéo d’une de des chansons « ndol’à mumi » reprise avec des paroles obscènes circule sur les réseaux sociaux contribuant plutôt à ternir son œuvre.
Insulte à la mémoire de l’artiste
Dans ces images, devenues virales, on observe quelques personnes âgées (hommes et femmes confondus) en pleine réjouissances reprenant en dansant la chanson de l’artiste dont ils ont pris soins de dénaturer les paroles en les remplaçant par des grossièretés. Galvaudant ainsi le texte original de ce titre ô combien entrainant. Dans cette nouvelle forme, on peut entendre les expressions comme : « le c… de ta mère ». Termes frisant l’immoralité, qui a agresse l’oreille des personnes vertueuses, malheureusement suivis et partagés avec fierté sur la toile par plusieurs internautes. Une insulte à la carrière et la mémoire de Nguéa Laroute qui a passé son temps à composer, à écrire et se faire écrire de belles chansons édifiantes avec des messages réconfortants pour le plaisir de nombreux mélomanes.
Malheureusement, il se trouve qu’il y a des individus dont les comportements prospèrent dans un environnement qu’on peut qualifier de délinquant qui ont décidé de saboter les œuvres des autres. C’est indigne. Surtout venant des personnes d’un certain âge susceptibles avoir du respect pour les morts et leurs œuvres. De surcroît, appelées à véhiculer, les comportements exemplaires. Mais hélas. On est plutôt face à une affiche du niveau de déchéance de la mentalité et de la morale collective que connaît notre société depuis un certain temps qui, curieusement, n’échappe à aucune génération.
Préservation de la morale publique
En réalité, les héritiers de « Mama Nguéa », telle qu’elle a été appelée affectueusement Nguéa Laroute par ses fans pendant toute sa carrière, ne devraient pas laisser continuer ces écarts, s’indigne un internaute, heurté par cette vulgarité. Il devrait en être de même des artistes soucieux, par solidarité, de protéger l’image et la valeur des textes des chansons laissées par leur consœur. Ils doivent, renchérit-il, faire arrêter la diffusion de cette vidéo. Si possible, intenter une plainte en justice contre toute personne qui continuerait à prendre du plaisir à piétiner, à travers la dénaturation malsaine de ses œuvres, la mémoire de cette icône de la musique camerounaise, de regrettée mémoire. Une artiste au cordon vocal exceptionnel dont les chansons étaient aimées, continuent à être aimées et ont bercées la majorité des mélomanes camerounais. On peut s’en rendre compte par une forte demande d’exécution publique de ses titres dans les cabarets de Douala, sa ville natale. Tout un répertoire à lui dédié est chanté et repris pour égayer les amoureux de la bonne musique presque tous les soirs en sa reconnaissance.
Comment comprendre que ces élucubrations, d’habitude attribuées aux jeunes accusés de chercher à bouleverser les codes et inconscient des limites exigées, viennent plutôt des aînés ? Le constat est là. Notre société est malade. Et cette affection touche toutes ses strates. Elle nécessite par conséquent une thérapie de choc.
Même si cette vidéo peut plaire ou amuser certains, par souci de préservation de la morale publique, de l’éducation des enfants et du respect de la mémoire de l’artiste, elle ne devrait plus être partagée. Retirer, dans la mesure du possible de ces plateformes qui en ont fait la promotion.
Félix Epée