Le “tchokô” : une épreuve de l’âme

Félix Epée
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Il fut un temps où le “tchokô” se vivait dans la honte, comme un péché discret. On baissait les yeux, on murmurait, on glissait un billet en silence, conscient que l’acte trahissait quelque chose de plus grand : notre propre intégrité. C’était une transgression, une entaille dans le tissu moral de notre société.

Mais peu à peu, le mal s’est installé. Les petites sommes ont rendu la faute tolérable — 500, 1000, 2000 FCFA — et le cœur s’est endormi. Le “tchokô” est devenu pratique, banal, presque nécessaire. Et nous avons regardé, sans rien dire. Nous avons accepté, parfois même encouragé, oubliant que chaque acte corrompt non seulement le système, mais aussi l’âme de celui qui le commet.

Dans un monde où l’argent est roi et où la survie devient une lutte quotidienne, le “tchokô” s’est institutionnalisé. Il ne s’agit plus d’un simple échange, mais d’un pacte silencieux entre le besoin et la résignation. Nous avons commencé à nous plaindre… alors que nous avons nous-mêmes participé à sa prolifération dans notre beau pays. En agissant ainsi, nous avons bâti les murs de notre propre prison, pierre après pierre, billet après billet.

Mais il n’est jamais trop tard pour se réveiller. Le “tchokô” est une épreuve spirituelle, un miroir tendu à notre conscience. Il nous interroge : que sommes-nous prêts à sacrifier pour un confort immédiat ? Que laissons-nous derrière nous pour nos enfants ? Chaque fois que nous cédons, nous éloignons notre nation de la justice, de la paix, de la bénédiction.

Le Mboa ne manque pas de ressources, ni de lumière. Mais cette lumière ne peut briller que si chacun décide de marcher dans la vérité, même quand elle coûte. Car la vraie liberté ne s’achète pas — elle se mérite par le courage, la droiture, et la foi en un avenir meilleur.

— Massoda-Ma-Nlep

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