Justin Bejedi Ndamè est suspecté d’être derrière la convocation de deux jeunes de cette localité au commissariat de sécurité publique de Dibombari qui leur serait adressé pour avoir publié dans les réseaux sociaux l’état désastreux de la voirie de cette municipalité.

Rien ne va plus entre Justin Bejedi Ndamè, maire de l’arrondissement de Dibombari et les jeunes de sa municipalité. En effet, la jeunesse de Dibombari ne supporterait plus depuis quelques temps l’abandon, d’après leurs termes, dont fait l’objet leur arrondissement de la part de la Mairie. Cette institution appelée à assurer le bien-être de la population qu’elle accuse de ne pas jouer son rôle. Depuis lors, elle a décidé de passer à l’action en dénonçant. Leur axe prioritaire, la voirie urbaine dont elle a choisi de présenter l’état désastreux par des images sur les réseaux sociaux.
A la surprise de tous, deux des jeunes les plus en vue de ce mouvement de dénonciation à savoir Epalè Mayenè Otto Félix et Guy Elombo Sonè, habitant respectivement Bosedi 1 pour le premier et Bomono ba Benguè pour le deuxième, ont été convoqués pour ce lundi 22 septembre 2025 au service des enquêtes du commissariat de sécurité publique de Dibombari. Le motif de cette assignation n’a pas été donné. Mais les soupçons vont plus du côté de l’exécutif municipal.
Campagne dénonciatrice
En effet, plusieurs jeunes suspectent que cette procédure engagée à l’endroit de leurs deux camarades pourrait être liée à une plainte du maire qui n’aurait pas apprécié leurs campagnes dénonciatrices. Il l’aurait assimilé à du sabotage sur la mairie qu’il dirige et sa personne. Question de noircir son bilan et celui de son parti, le Rdpc.

L’autre motif pressenti de cette convocation serait la publication d’un document qui fait état d’un financement du tronçon Bosedi-Bonamatèkè, une route reliant deux localités de cette commune, à hauteur de 23 millions de francs dans cette municipalité sur lequel aucun travail n’aurait été effectué.
Intimidation politique
Ces convocations que d’aucuns attribueraient au maire de Dibombari s’apparentent à une tentative d’intimidation politique à l’endroit de ces jeunes, tête de proue du mouvement de dénonciation. L’objectif serait de les freiner dans leur élan et de les faire taire. Une véritable entorse à la démocratie et à la liberté d’expression que Justin Bejedi expérimente comme une autre forme de gouvernance dans cette municipalité où les populations attendent plutôt de lui un dialogue avec ses administrés et les actes d’un véritable développement. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Les populations ont plutôt droit aux pratiques relevant de l’époque de la Gestapo.
Toute tentative de notre part de joindre le maire Justin Bejedi au téléphone pour avoir sa version des faits sur ces accusations comme le veut la règle a été sans succès. Même nos sms et multiples messages envoyés à ses différents comptes wathsapp n’ont pas obtenus de réponses.

Museler la jeunesse
Ce refus catégorique de nous répondre nous pousse quand même à nous interroger sur cette attitude quelque peu curieuse du chef de l’exécutif communal de Dibombari. Un refus que beaucoup assimilerait à un aveu. Le silence pouvant être aussi interprété comme tel. Mais avait-il besoin de ça ?
En attendant de connaître les vrais motifs de cette convocation ce lundi 22 septembre 2025 et du sort qui peut être réservé à ces jeunes gens, nous dénonçons toute tentative de museler et d’intimider la jeunesse pour les actes qui pourrait être considérés de citoyens.
Car, dénoncer ou présenter les manquements d’un maire serait une autre manière de l’amener à se voir dans le miroir, à se corriger et à travailler. Il en va du bien-être de ses populations. Sauf pour un dirigeant qui n’est pas réceptif aux critiques de ses concitoyens. Affaire à suivre.
Félix EPEE
