Cameroun/En préparation aux obsèques : La famille Ekanè se déchire

Félix Epée
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Deux camps s’affrontent  au tribunal  pour l’organisation du deuil du leader du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem).

Le corps d’Anicet Ekanè ne retournera pas rejoindre ses ancêtres d’aussitôt. Pour cause, la famille se déchire  autour de sa dépouille et  de l’organisation de ses obsèques. D’un côté Marianne Ekanè, une des sœurs cadette du défunt associée à son épouse Jeanne Edwige Ekanè, plus le Manidem et de l’autre côté quatre autres frères et sœurs auxquels se sont joints les enfants, Mouna, Bomono, Sankara  et  Elombo Ekanè.

Alors  que  Marianne Ekanè, la veuve et le parti  avaient déjà  rendu public  le programme des obsèques pour le 24 et 25 avril prochain, Mouna Ekanè et ses frères avec le soutien de leurs tantes et oncles disent n’avoir pas été associés  à cette organisation. Ils dénoncent non seulement la procédure engagée sans leur accord mais aussi  le communiqué de la veuve interdisant la présence des membres du gouvernement aux obsèques de leur père et frère.

Virage à 18O degrés

En effet, d’après  Mouna Ekanè, porte-parole des enfants, leur père avait les amis de tout bord, il n’est pas question de déterminer ou d’exclure les personnes qui devraient assister à son deuil.  Pour marquer leur désapprobation, ils ont  saisi le juge de référé auprès du Tribunal de première instance de Douala pour arrêter à la procédure. Un virage à 180 degrés contraire aux positions radicales adoptées au départ par le premier des fils Anicet Ekanè.

Ici, Anicet Ekanè, en présence de Issa Tchiroma et Djeukam Tchameni.

Pendant que le Tribunal était encore en train d’examiner le rejet, deux  des sœurs d’Anicet se sont rendu au siège  du Manidem à Douala pour déloger le parti et  arrêter les manifestations culturelles  en cours liées aux  obsèques. Tout est saccagé à leur passage et  les affiches d’Anicet Ekanè décollées.  La raison évoquée est que le local qu’occupe le parti à  Bonadibong au centre-ville d’Akwa, fait partie  du patrimoine familial et doit, d’après elles, revenir à la famille  après plusieurs années d’exploitation sans partage d’Anicet Ekanè décédé. Elles seront arrêtées dans leur élan par leur cadette Marianne Ekanè qui dit être la propriétaire du local après sa sortie de l’indivision.  Elle brandit pour la circonstance un contrat de bail signé entre elle en tant que propriétaire et  le Manidem  qui donne le droit au parti d’occuper les lieux. Lire aussi: https://mibiamaafrica.com/anicet-ekane-un-cadavre-encombrant/

Un argument rejeté au tribunal par les autres ayant-droits où il lui a été demandé d’apporter les preuves légales de ses affirmations. La sortie de l’indivision s’effectuant par une décision de justice et non verbalement. Et aux dires de ses autres frères et sœurs aucune sortie de l’indivision n’a été faite. Par ailleurs, il est impensable même si cela avait été le cas qu’une seule personne bénéficie d’un site d’une si grande valeur et aussi stratégique  au détriment des autres.

Autre pomme de discorde, les contributions financières.

De la même manière seront dénoncées par la veuve et le Manidem devant le juge  les déclarations de Mouna Ekanè selon lesquelles lui et ses frères  n’ont jamais été associés à l’organisation des obsèques. Pourtant, il existe d’après la direction du parti et cette dernière, les preuves des échanges téléphones et  des conversations écrites wathsaap qui démontrent le contraire.

Anicet Ekanè avec Maurice Kamto, une des figures de l’opposition disqualifée de la présidentielle.

Ajouté à ce brouhaha, une  discorde au sujet des différentes contributions financières des amis du défunt  enregistrées et qui seraient déposées dans le compte bancaire du Manidem dont le choix  est  contesté  par les enfants  et une partie des frères et sœurs d’Anicet Ekanè. Une  position qui va à l’encontre des dernières volontés du président Manidem qui avait toujours exprimé son vœu de voir son  parti au centre de l’organisation de ses obsèques d’après le témoignage de  plusieurs de ses camardes et compagnons de lutte en politique.

Les deux parties (la veuve, le Manidem et les enfants Ekanè associé à la famille) après le référé d’heure par heure qui a eu lieu le lundi 06 avril 2026  ont été renvoyées pour une prochaine audience le 13 avril qui définira le jour de la tenue des obsèques. Quant au différend opposant Marianne Ekanè et ses autres frères et sœurs, ainsi que d’autres ayant-droits dont les parents sont décédés, une descente sur le terrain est prévue pour les prochains jours  par le juge pour s’enquérir de toutes les informations nécessaires avant de rendre la décision finale qui déterminera à qui revient la villa faisant office du siège du parti. A suivre.

Félix EPEE 

Article publié au Front Hebdo N° 18 du 09 avril 2026

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