La prolifération mime l’excès, l’excès mime le trop, et le trop devient disgrâce.
Lorsque les titres sacrés se multiplient sans fondement, le silence des vrais devient plus précieux que mille paroles.
Aujourd’hui, nous voyons surgir une multitude de Mbombog autoproclamés, porteurs de parures mais non de feu intérieur. Ce n’est pas toujours l’appel du ciel qui les anime, mais souvent le désir de paraître, le mimétisme spirituel, et la quête de reconnaissance dans un monde diffracté.
Or, le titre de Mbombog ne s’achète ni ne s’improvise. Il ne se revendique pas, il se révèle.
Il est le fruit d’une initiation profonde par les ancêtres divins, d’une maîtrise des lois cosmiques et d’un alignement rigoureux avec le Mbog originel.
Être Mbombog, c’est porter le poids du monde invisible, c’est incarner la sagesse des anciens, c’est régner sans dominer, guider sans imposer, parler lorsque les esprits parlent, et laisser le verbe agir.
Ceux qui prétendent sans être appelés, ceux qui imitent sans comprendre, ceux qui multiplient les gestes sans fondement, affaiblissent le tissu sacré du peuple.
Ils brouillent les repères, diluent la mémoire, et exposent la communauté à des dérives spirituelles.
Nous appelons donc à la vigilance.
À la restauration des critères sacrés.
À la reconnaissance des voix authentiques.
Et à la préservation du feu ancestral, celui qui ne brûle pas les corps mais éclaire les âmes.
Que le Mbog retrouve sa pureté.
Que les vrais Mbombog se lèvent dans la discrétion et la puissance.
Et que le peuple sache distinguer la flamme de la source des éclats illusoires.
Massoda Ma-Nlep