Avons-nous un problème avec la brillance des autres ?
Dans certaines sociétés, la lumière est célébrée. Lorsqu’un individu se distingue, on l’applaudit, on s’en inspire, on cherche à comprendre les ressorts de son éclat pour grandir à notre tour. La réussite devient un levier collectif, une source d’élan. Mais trop souvent chez nous, cette lumière gêne. Elle semble trop vive, trop présente. Elle occupe de l’espace, attire les regards — et cela suffit à troubler, à irriter, à réveiller des insécurités enfouies.
Alors, au lieu de s’en nourrir, on s’emploie à l’éteindre. Par la critique, la moquerie, le silence, l’indifférence. Comme si l’éclat de l’autre menaçait notre propre valeur. Comme si, pour briller, il fallait d’abord assombrir l’environnement.
Mais ce réflexe est une illusion. Car en éteignant l’autre, on ne gagne rien. On se prive d’un miroir, d’un modèle, d’une source de lumière qui aurait pu nous éclairer aussi. On oublie que la lumière ne se divise pas, elle se multiplie. Qu’en célébrant celle des autres, on autorise la nôtre à émerger.
Et surtout, on oublie une vérité fondamentale : nul n’est censé voler la place d’un autre. Car quoi qu’on fasse, chacun est appelé à rayonner là où il doit être. Chaque lumière a son moment, son rôle, son espace. C’est la loi de l’ordre : chacun à sa place, chaque chose à sa place. Une loi divine, immuable, que ni l’envie ni la peur ne peuvent contourner.
Alors peut-être est-il temps de changer de posture. De passer de la rivalité à l’admiration. De la comparaison à l’inspiration. Car lorsque nous apprenons à honorer la lumière des autres, nous découvrons enfin la nôtre.
Massoda-Ma-Nlep