La victoire de Paul Biya qu’ils combattent au quotidien depuis l’étranger contraint beaucoup d’entre eux encore dans l’esprit de combat à vivre pour longtemps loin de leur pays d’origine.

La pilule est amère et difficile à avaler pour de nombreux influenceurs et activistes politiques camerounais installés à l’extérieur et opposants au pouvoir de Yaoundé. Pour cause, la réélection de Paul Biya, leur ennemi juré, pour un 8ème mandat à la tête du Cameroun.
Une désillusion totale et inattendue pour Paul Tchouta, Boris Berthold, Nzui Manto, Valsero, Calibro Calibri, Dr Modestine Carole, Stefane Tchoumbou, Sandy Boston, Max Senior et autres qui avaient multipliés les campagnes et attaques contre le président sortant Paul Biya dans les réseaux sociaux et manifesté leur sympathie à l’endroit de Issa Tchiroma Bakary, un des candidats aux élections présidentielles par ailleurs ancien ministre, sorti du gouvernement à peine deux mois.
Rêve transformé en cauchemar
L’un des objectifs de ce soutien était de contribuer à la défaite de Paul Biya aux présidentielles et d’envisager par la suite leur retour au pays où ils n’ont pas mis pieds depuis plusieurs années pour s’être mis eux-mêmes dans une situation conflictuelle avec le pouvoir en place. Malheureusement, les résultats n’ont pas été ce qu’ils souhaitaient. Paul Biya est proclamé vainqueur de cette élection par la Conseil constitutionnel à 53% de voix contre 35% pour Issa Tchiroma Bakari, son challenger immédiat.
Le rêve se transforme ainsi en cauchemar pour plusieurs d’entre eux. En effet, le retour qu’ils croyaient tous imminent dans leur pays d’origine suite à cette élection risque se prolonger encore pour sept ans. Le temps de Paul Biya de finir son nouveau mandat. Ils ne s’en reviennent pas.
Adeptes du chaos
Ces anciens lieutenants et militants de la Bas-Mrc, distingués dans la casse des ambassades du Cameroun à l’étranger, l’attaque des artistes jugés indésirables, la perturbation des séjours Genévois de Paul Biya et l’enfarinage des membres de son gouvernement à l’extérieur, se sont vus apporter leur soutien à Tchiroma- leur bon diable- à la suite de l’élimination de leur leader Maurice Kamto pour la course à la présidence.
Adeptes du chaos, ils s’insurgent contre le résultat donné par le Conseil constitutionnel. Ils en appellent aux manifestations de rue sur toute l’étendue du territoire pour réclamer la « victoire » de leur candidat qu’ils estiment volée. Bilan de ces mouvements d’humeur: les casses et pillages des biens des populations construits pendant plusieurs années de souffrance. Inclue, l’incendie des édifices publics et privés.
Malheureusement pour eux, ces manifestations, qui ont succédées la proclamation des résultats qu’ils pensaient muter en révolution, n’ont pas atteint leur objectif.
Elles ont duré à peine deux jours. Les forces de l’ordre ayant vite repris le contrôle de la situation. Même le mot d’ordre de leur candidat battu appelant aux villes mortes émis à la veille de la prestation de serment de Paul Biya, en guise de protestation, n’a pas eu de succès escompté. Les populations , dans leur immense majorité , n’y ont pas adhéré. A l’exception d’une minorité éprise beaucoup plus par la peur due à la barbarie observée les premiers jours de ces manifestations que par conviction.
Ce, à la grande déception de ces influenceurs et activistes politiques qui ont assez œuvré et mis toute leur énergie pour qu’au travers de cette élection, il y ait un changement de régime. Hélas! Voyant avec cet échec leur exil se prolonger pour plusieurs années encore, ils n’ont que leurs yeux pour pleurer . Sauf s’ils acceptent de faire leur mea-culpa, décident d’enterrer la hache de guerre et s’aligner derrière le vainqueur. Mais pourront-ils le faire au regard de nombreuses casseroles qu’ils trainent et inculpations dont ils font l’objet?
Félix EPEE
