Les ordures  dans nos cités: Parlons-en.

Félix Epée
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La situation d’insalubrité dans laquelle est plongée la majorité des villes camerounaises suscite de nombreux débats  dans l’espace public. Ces discussions se sont accentuées ces derniers jours à la vue des immondices d’ordures entreposées çà et là dans les rues, les marchés, les caniveaux et autres places publiques de nos principales grandes villes que sont Douala et Yaoundé.

Un spectacle désolant et récurrent dans ces deux agglomérations  où l’élimination des ordures ménagères a toujours été partielle malgré les conséquences immédiates sur la santé des populations. Une détérioration du cadre de vie  des populations qui, cette fois-ci, a vu la mobilisation  et l’implication de plusieurs départements ministériels. Même ceux qui n’en avaient pas l’habitude. Au point de susciter la polémique sur le droit d’implication des uns et autres. Pourtant si la coordination est faite de façon normale, devraient intervenir dans la gestion des ordures au minimum cinq ministères. Celui de la santé publique, de l’environnement, de l’habitat et du développement urbain, l’administration territoriale et le Ministère  des Mines, de l’industrie et du développement technologique. La gestion des ordures intégrant à la fois la production des déchets, leur transport d’un lieu de transit à un autre  ou directement à la décharge ou tout autre lieu et usine de traitement et transformation.

Le plus surprenant est la réponse urgente apportée pour venir à bout de ce fléau. Le ministre de l’administration territoriale, Paul Atanga Nji a mis à la disposition des collectivités territoriales, balais, pelles et brouettes. Un matériel jugé obsolète qui renvoie à une autre époque dont on se demande comment il sera utilisé pour assurer la propreté dans une grande ville comme Yaoundé. A cette allure, avouons-le, ce problème ne sera jamais résolu.

Le ministre de l’habitat et du développement urbain, n’est non plus restée insensible.  Célestine Ketcha Courtès, dans son élan de cœur, a offert à son tour deux camions balayeurs à grande pompe de publicité à la ville de Yaoundé. Fière comme Artaban de voir  la capitale politique renouée avec la modernité en matière de gestion de l’insalubrité qu’elle avait du mal à s’offrir. Les moyens nous manquent-ils vraiment où vivre dans la saleté fait-il déjà partie de notre ADN ?

Pourtant, dans les discours officiels, on nous fait comprendre que les ordures sont une richesse. Or dur comme elles se font appeler par les uns et les autres. Mais pourquoi cette richesse tarde-t-elle à être exploitée par nos municipalités afin de libérer nos villes de ces sources de nuisances pour les transformer en gisement de matières premières et d’énergie ? Et pourquoi le gouvernement  ne donnent-il pas les moyens aux mairies pour mettre les mécanismes sur pied pour l’exploitation de cette fortune ?

Ces produits qui sont par la suite appelés à être mis en valeur  et réutilisés pour un usage différent de son premier emploi. Soit, fabriquer  à partir d’un déchet un autre produit que celui que lui a donné sa naissance. Ce qui pourrait réduire les coûts ou financer l’organisation du secteur consacrant plutôt le ramassage et  la mise en décharge des ordures ménagères.  Et permettre aux collectivités territoriales de couvrir certaines de leurs charges à fonds propres sans toujours attendre la manne venant de la tutelle.

Nos mairies qui crient continuellement au manque de ressources ne sont-elles pas au courant de ces possibilités à leur offertes ? Ou sont-elles restées tout simplement dans la posture de consommatrices de budgets et non dans celle de créatrices de richesses ? Il faut que nos maires se mettent au travail et apprennent à stimuler leurs méninges pour le bonheur de leurs administrés.

En attendant que les collectivités territoriales s’arriment et passent à un véritable système de tri et de récupération des matières valorisables, il est urgent que l’Etat et les ministères concernés leur procurent les moyens pour la consolidation de leur rôle dans la gestion des ordures ménagères. D’autre part, qu’ils leur facilitent la fluidité dans le paiement des factures des entreprises en charge de ramassage. Ceci, en vue de réduire au maximum le temps mis pour l’enlèvement des ordures dans les quartiers pour leur mise en décharge. Et donner ainsi un visage agréable à nos villes. De surcroît, un environnement saint et propice au bien-être de leurs habitants.

Félix EPEE

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