Cameroun/Exposition : Le port de Douala-Bonabéri revisité depuis l’époque coloniale.

Félix Epée
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Du  02 au 09 octobre 2025, l’esplanade de la direction du Port Autonome de Douala-Bonabéri accueille dans le cadre de la célébration de son 150ème anniversaire une exposition photographique qui retrace  la vie de cette institution.

La matinée du jeudi 02 octobre 2025 à Douala tenait lieu de vernissage de l’exposition « 150 ans d’histoire, de mémoire collective et de transformation : du port colonial au port souverain ». Une présentation d’une cinquantaine de photos pour marquer un siècle et demi d’existence du Port Autonome de Douala-Bonabéri, lieu d’ancrage des échanges commerciaux  entre le Cameroun et l’extérieur.

Des premiers aménagements aux projets actuels, les images présentées au public à l’esplanade du bâtiment de la direction de cette structure, nous voyagent sur les étapes de vie de cette institution tout en rendant hommage aux différents directeurs généraux qui, par leur expertise, ont aidé à la bâtir et à l’animer. Une véritable rétrospective voire une chronologie vivante comme l’a désigné Michel Ndoh, commissaire de cette exposition, qui témoigne des réformes , reconversions et adaptation de ce Port au cours du 20ème siècle.

Moukoko Charles Michaux, Dga en compagnie de quelques uns de ses collaborateurs, procède ici à l’inauguration de l’exposition par la coupure du ruban symbolique.

Moukoko Charles Michaux, Dga de cette entreprise qui préside à ce vernissage, n’en est pas moins expressif pendant son discours d’ouverture. « Cette exposition nous offre une occasion précieuse de réécrire l’histoire du PAD, par extension, celle du Cameroun. Ces photos qui ne sont plus que de simples images témoignent de la profondeur et de la richesse de notre passé. Elles sont le reflet de notre identité et de témoins de notre résilience. En plus, elles nous rappellent les défis que nous avons surmontés et les victoires que nous avons remportés. En somme, les moments qui ont marqué notre histoire ».

En effet, ce récit en trois dimensions tel que présenté par Michel Ndoh nous ramène sur le plan historique, mémoriel et prospectif ouvrant une réflexion sur l’avenir, tout en rappelant que l’histoire de ce port est loin d’être achevée.

Une vue de l’exposition.

Conçues en matériaux locaux dont de bois blancs du Cameroun, renforcés d’enduit et de couleurs de peinture respectant la charte graphique du PAD, ces photographies exposées proviennent, d’après le commissaire de cette expo, des archives du Port Autonome de Douala, des Archives nationales du Cameroun et de quelques particuliers. Elles constituent une véritable mémoire collective  pour les populations jeunes et adultes. Ainsi que pour l’ensemble des camerounais désireux de connaître l’histoire et leur pays et ses institutions.

D’un format de 60 cm par 80 cm, ces images sont  accompagnées chacune d’une légende précise, situant l’année, le lieu et la circonstance. Accrochées sur des supports d’un 1,20 mètre sur 1,80 mètre,  démontables et réutilisables, assez bien disposées pour permettre la circulation des visiteurs, elles offrent une expérience visuelle à la fois immersive et confortable.

Seul bémol à cette collection, l’absence d’images datant de l’époque de la colonisation allemande(1884-1916) pendant laquelle les échanges commerciaux entre le Cameroun et l’extérieur étaient déjà effectifs. Une absence qui peut se rattraper dans d’autres occasions avenirs d’après le commissaire de cette exposition et qui n’altère en rien la qualité irréprochable de cette exposition.

Le Dga, Moukoko Charles Michaux avec sa suite, guidé par Michel Ndoh, commissaire de l’exposition, comptemple les photographies.

Cependant, au regard de  son importance , beaucoup estime sa durée (une semaine) un peu courte . En plus, le lieu pas assez indiqué et jugé inaccessible pour certains, ne donne pas l’occasion à une grande majorité d’en profiter. Dans ce cas, une délocalisation et une prolongation sont-elles possibles ?

En attendant que les autorités portuaires se penchent sur cette question, le public curieux de la ville de Douala et ses environs et tous les férus de l’histoire qui ont la possibilité d’arriver dans ces installations, ne devraient pas hésiter d’y faire un tour pour admirer et apprécier les vestiges en images d’un pan de la vie de leur cité . Important.

Félix EPEE

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