La contre-offensive iranienne face aux attaques israéliennes a fortement ébranlé et épuisé les systèmes de défense antimissile Arrow et THAAD. Provoquant ainsi de dégâts matériels importants et une grande perte financière du côté des israéliens.
La guerre de Netanyahu qui a coûté à Israël $725 millions par jour, a mis à l’épreuve les limites de ce pays. Ses systèmes de Défense antiaérien et antimissiles ont été submergés par les missiles balistiques iraniens. Son économie affaiblie et devrait se contracter de 5 % en 2025. Une situation qui interroge si Israël peut encore se permettre une guerre avec une économie exsangue et la moitié du pays sous les décombres.
Coup pour coup
Vendredi 13 juin à l’aube, le Premier ministre Benjamin Netanyahu lance l’Opération ‘Rising Lion’ (Lion qui se lève). L’une des campagnes militaires les plus audacieuses de l’histoire d’Israël. Une opération qui cumule des années de travail de renseignement. Résultats—drones assemblés en Iran. Cellules dormantes faisant exploser des bombes. Assassinats ciblés de personnalités militaires et scientifiques de haut rang. A ce ‘travail de sabotage moral dans le noir,’ les frappes aériennes ont suivi. L’expédition militaire iranienne sous le nom de code ‘Promesse Honnête 3’ a répondu au ‘Rising Lion.’

Entre les deux nations, le ‘coup pour coup’ a régné pendant douze jours. Les frappes de missiles sont calibrées. Les drones israéliens attaquent une raffinerie de pétrole iranienne dans le champ gazier de South Pars. L’Iran répond en frappant une raffinerie à Haïfa. Les Israéliens ciblent des centres de recherche iraniens soupçonnés d’être impliqués dans des activités nucléaires. L’Iran riposte en frappant l’Institut des sciences Weizmann, près de Tel-Aviv, qui joue un rôle fondamental dans la recherche nucléaire israélienne. Israël bombarde la télévision iranienne. L’Iran foudroie la chaine israélienne 14. A mi-combat, les Etats-Unis volent au secours de Israël et pilonnent les sites nucléaires iraniens. Téhéran contre-attaque et frappe la base aérienne d’Al Udeid. Une installation militaire américaine au Qatar.
Par ces ‘attaques-et-contre-attaques,’ l’Iran a montré sa capacité à exercer la dissuasion et des représailles. Mieux, la frappe sur Al Udeid est un message sans ambiguïté aux Américains. Traduction—l’Iran pourrait aller plus loin au-delà de ses frontières pour punir ses ennemis.
Défenses aériennes handicapées
Israël le sait. Ses systèmes de défense aérienne multicouches— le ‘Dôme de fer’ destiné à contrer les attaques de roquettes ou de missiles à plus faible portée, le dispositif ‘David’s sling’ (Fronde de David) conçu pour intercepter les missiles balistiques à moyenne portée, et les systèmes Arrow (‘Arrow systems I, II, III’) spécifiquement assignés aux menaces à longue portée—ont été éventrés par les missiles balistiques de représailles iraniennes. Ces portes de protection ouvertes, l’Iran frappe les quartiers généraux d’élite de Tsahal et du Mossad au cœur de Tel Aviv. Détruit les colonies d’élites dans le centre-ville. Atomise des bases militaires, dont la base aérienne de Nevatim où sont stationnés les F-35-I depuis fin 2016, et la base de Tel Nof, cœur de la guerre électronique israélienne. Pulvérise des raffineries de pétrole.

Téhéran ne s’arrête pas là. Ses missiles fouillent le territoire israélien. Bousillent des lignes électriques. Démolissent des usines chimiques et des réservoirs d’ammoniac. L’aéroport Ben Gurion est mis hors service pour la première fois depuis 1948. Le centre de données de Beer Sheva n’échappe pas à la terreur venue de Téhéran. Même le siège de Microsoft à Haïfa est visé en représailles pour sa coopération avec Israël dans le domaine militaire. Les zones industrielles stratégiques comme Kiryat Gat où se trouve des usines de puces électroniques utilisées dans l’armement, subissent la furie des missiles balistiques iraniens.
L’Institut de recherche Weizmann est réduit en cendre. Ce sont 91 ans de patrimoine scientifique partis en fumée sous les bombes dévastatrices iraniennes. L’ampleur de cette destruction inimaginable fait reculer Israël au moins de 70 ans en termes de recherche scientifique et de défense. La perte financière en elle seule est estimée à $5 milliards en équipement, laboratoire de pointe, centre de données, et en années de corporation avec des agences comme la NASA. L’anéantissement de cet Institut, c’est désormais la destruction totale des armes bactériologiques en couvaison. C’est aussi la fierté et l’orgueil israéliens désintégrés.
Systèmes de Défense aériens israélo-américain obsolète
La contre-offensive iranienne a fortement ébranlé et épuisé les systèmes de défense antimissile Arrow et THAAD. Certains se demandent encore pourquoi. La réponse réside dans le volume des attaques iraniennes. Téhéran ne s’est pas contenté de lancer les missiles. Il les a fait pleuvoir. Des barges (barrage) qui combinent différents types de missiles dont certains brouillent le GPS. D’autres se transforment en sous-minutions. D’autres encore sont lancées simultanément. Sous cette pression des missiles, les défenses aériennes israéliennes doivent prendre des décisions en une fraction de seconde—soit intercepter. Soit laisser passer. L’une ou l’autre des décisions a un coût. Chaque missile intercepté coûte $50 000. ‘Chaque THAAD produit se chiffre environ à $18 millions.’ Explique un expert de Royal United Services Institue de Londres. Au total, environ 200 intercepteurs américains et israéliens ont été utilisés, pour un coût estimé à $1,5 milliard. En plus, la valeur des dommages du système de défense ‘Iron Dome,’ fierté israélienne a atteint $11 milliards.

L’Iran en s’introduisant sans peine dans les systèmes de défense israéliens, met en cause l’expertise des sociétés Rafael et Raytheon. Coproducteurs israélo-américain des systèmes de défense anti-aérienne israéliens. Et bat à la fois Israël et les Etats Unis sur le terrain de la technologie des batailles des airs.
Implications économiques
Mais aussi sur le champ des impératifs économiques en temps réel. Ainsi, en douze jours, l’agression israélienne lui a coûté environ $725 millions par jour. $300 millions de carburant et munitions. Faisant de cette guerre, la plus onéreuse, jamais menée par Israël. A cela, il faut ajouter les dépenses liées à sa défense aérienne. Plus 300.000 réservistes mobilisés. Sachant que chaque tranche de 100,000 réservistes représente $20 millions. Une grosse perte pour les entreprises en sous-effectif. Sur cet ensemble il faut greffer la perte de productivité. Soit $46 millions par jour. L’augmentation de la fuite des capitaux. Et le tarissement des investissements étrangers.
La croissance de l’économie israélienne qui était de 6.5% en 2022, est tombée à 0.7% en 2024, avec une chute des investissements des entreprises de près de 68%. Ceci à la suite du front de Gaza qu’il avait ouvert le 7 octobre 2023. Cette croissance selon les estimations, pourrait diminuer de 5% en 2025. Pendant ce temps, le budget de la défense a presque doublé. D’environ $18 milliards en 2023, il est passé en 2025 à $35 milliards. Soit environ 7% du PIB. L’accroissement des dépenses militaires impliquent le sous-financement du secteur de santé publique. La réduction des budgets de l’éducation. La sous-évaluation des besoins du secteur agro-pastoral. Une injection financière insuffisante dans les projets infrastructurels…Un abandon du secteur socio-économique.
Cessez-le-feu salvateur
Avant l’offensive, Tel Aviv répétait volontiers à ses troupes et à l’opinion publique qu’une guerre avec l’Iran serait expresse et la victoire assurée. Dès les premières salves, ils ont compris qu’il n’en est rien. Et que l’ennemi est vigoureux. Les certitudes font place à l’inquiétude et à la défiance. Le soutien à la politique guerrière israélienne décline rapidement. La défaite est flagrante. L’enlisement n’est pas une option. Mais le cessez-le-feu.

Pourtant, Netanyahou en lançant sa guerre visait trois objectifs. ‘Casser les capacités militaires de l’Iran,’ y compris l’assassinat des principaux responsables du commandement. ‘Détruire ses installations nucléaires.’ Et ‘déstabiliser un régime’ qui selon lui est une ‘menace existentielle’ pour Israël. Il annexe à ces objectifs affichés, sa volonté secrète à détruire des infrastructures civiles et l’industrie pétrolière iraniennes. Mais le revers est catastrophique pour lui qui croyait régler la question Iranienne en ‘tondant la pelouse.’ Pire. En plus d’avoir échoué à rendre in-opérationnel les principales capacités militaires et nucléaires de l’Iran, il a exposé d’un côté les vulnérabilités d’Israël, et de l’autre, intensifié le nationalisme iranien.
Sur le théâtre des opérations, les Israéliens cherchaient la victoire. Ils vont désormais chercher une voie de sortie, la plus honorable possible. Trump négocie le cessez-le-feu qui était nécessaire pour ‘sauver Israël’ qui absorbait des ‘frappes brutales et manquait de moyens de défense.’ A affirmé Steve Bannon, ancien conseiller de Trump. Nitzan Horowitz, ancien ministre de la Santé israélien, est dans le même tuyau. ‘Le dégât est énorme. C’était un cauchemar.’ Avait-il déclaré avant de livrer les sentiments de Israël par rapport au cessez-le-feu de Trump. ‘C’était une raison pour laquelle Israël a été soulagé par la décision de Trump d’arrêter la guerre.’ Avait-il amplifié.

En fait, Israël était à court d’intercepteurs. Certains rapports révèle qu’il ne disposait que de 10 à 12 jours d’intercepteurs, à moins d’être réapprovisionné par les Etats Unis. Le Pr. Gilbert Doctorrow (Historian and Internationalist Affairs Analyst), auteur de ‘War Diaries—The Russia-Ukraine War 2022-2023,’ vol.1, explique. ‘Trump a sauvé Israël de l’autodestruction, car les Iraniens ont détruit la moitié du pays.’ Dans un article, Larry Johnson montre sur une carte, exactement ce que les Iraniens ont détruit en Israël—‘la moitié du pays. La moitié des atouts stratégiques d’Israël.’ Doctorow poursuit. ‘Quelques jours de plus, il n’y aurait plus d’atouts stratégiques. C’est ce que Donald Trump savait lorsqu’il a pris la décision de lancer un faux raid aérien, sur de fausses cibles en Iran.’ Il fait savoir que ceux qui soutiennent que cet arrêt des hostilités est une brève trêve pour permettre à Israël de se rééquiper et réattaquer l’Iran ne prennent pas en compte les facteurs de ruine militaire de ce pays, les indicateurs géostratégiques et paramètres géopolitiques, du moment de la région. Il conclut. ‘Que l’uranium enrichi reste ou non dans les mains du régime iranien, est sans importance pour les considérations de Washington à l’heure actuelle.’ Ce qui compte, ‘Ils devraient sortir Israël de cette affaire.’ Alors, ‘Ils ont abandonné l’argument sur les bombes iraniennes.’
Coup brutal…au moral
Trump de son côté a admis qu’Israël avait été frappé ‘très durement.’ Les statistiques le prouvent. Sur le plan humain, Israël aurait perdu ‘6 généraux de haut rang, 32 agents du Mossad, 78 membres du Shin Bet, 27 officiers de la marine, 198 membres de l’armée de l’air, 462 soldats en service actif, 423 civils, tous morts confirmés.’ Détaillent les documents secrets intitulés ‘Highly Encrypted Summary’ (HES) qui proviendraient des réseaux de renseignement occidentaux. L’homme politique britannique George Galloway, propalestinien, aurait contribué à diffuser la fuite au public de ces documents. Plus de 41 000 demandes d’indemnisation ont été déposées pour des dommages liés à la guerre de Netanyahu. Américains et Israéliens ne pensaient pas leur adversaire capable leur infliger une défaite d’une telle ampleur. En plus de l’échec militaire Israéliens, les Iraniens leur ont porté un coup brutal… au moral.
Nitzan Horowitz, le dit avec ses mots. ‘Pour l’opinion publique israélienne, c’est du jamais vu en Israël. On n’a jamais vécu une telle attaque et par des missiles très puissants venant de loin avec peu de capacité de les intercepter. Ce n’est pas du tout l’expérience qu’on a eu avec le Hamas. C’est quelque chose de très diffèrent…C’était un cauchemar.’
Renforcement géostratégique
Cette guerre a renforcé l’Iran, tant sur le plan militaire, diplomatique que régional. Voguant sur cette position, il a rejeté l’absurdité de Trump et son envoyé Steve Witkoff qui voudrait qu’il abandonne son programme d’enrichissement d’uranium. ‘L’Iran ne renoncerait jamais à ce droit.’ A affirmé publiquement le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi. L’enrichissement de l’uranium n’est pas négociable. Sur ce ‘niet,’ Trump a laissé entendre que, pour un apaisement régional, il serait prêt à assouplir les sanctions et même à autoriser les achats de pétrole iranien par la Chine.
Feumba Samen