Etats-Unis: L’ex-chef d’état-major des armées, Charles Brown élevé par Duke University, déchire Trump.

Félix Epée
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Charles Brown, le plus haut gradé de l’armée américaine, chef d’état-major des armées, a été limogé par Donald Trump (via un message posté sur son réseau social ‘Truth Social’) le 21 février 2025, moins d’un an et demi après sa nomination par Joe Biden. Puis, remplacé par le général trois étoiles Dan Caine. Traditionnellement, ce sont des généraux quatre étoiles qui sont nommés à la tête de l’Etat-major interarmées. Célébré par Duke, Brown a violemment critiqué (le 3 juillet 2026) la gestion militaire de Trump.

Chef d’état-major de l’armée évincé

Nommé en 2020 par Trump 22e chef d’état-major de l’US Air Force, il est confirmé à l’unanimité par le Sénat (98 voix pour, 0 contre). Cette nomination faisait de Charles Brown le premier Afro-Américain à accéder à cette responsabilité. Cet officier que Trump qualifia de ‘dirigeant hors pair’ avait été nommé en 2023 par le président Biden à la tête des chefs d’état-major interarmées et confirmé par 83 voix contre 11, par le Sénat.

Soldat d’honneur, Brown n’était un as un simple porteur de tenue qui ‘exécute littéralement les ordres sans hésitation, ni murmure.’ Lors d’une table ronde organisée par l’Aspen Institute en juillet 2026, il a dénoncé l’administration Trump pour avoir limogé certains des plus hauts généraux et amiraux pour des raisons politiques—et certainement pour des ‘motifs racistes et misogynes.’ Explique le journaliste politique Ben Meiselas de ‘Meidas Touch,’ qui poursuit, ‘ce qui touche à la garantie que personne ne doit être favorisée ou défavorisée en raison de ses origines. Et brise l’équilibre des chances égales.’

L’intention de Trump au prétexte de lutter contre l’‘invasion intérieure’ (Invasion from within), serait de soumettre l’armée pour écraser les villes comme San Francisco, Chicago, New York, Los Angeles, Portland et Seattle, administrées par les démocrates. Ce n’est pas tout. Il veut avoir la mainmise sur une institution kaki exécutant sa politique. Une anticipation sur les prochaines échéances électorales. Ce qui lui avait manqué lors de son coup d’Etat du 6 janvier 2021, lorsqu’il contestait les résultats de l’élection présidentielle de 2020, et ses partisans prirent d’assaut le Capitole. Putsch-manqué qui se solda avec cinq morts, dont celle d’un policier.

Sous le feu des projecteurs

Le 1er septembre 2022, cinq mois après le limogeage de Brown, le programme ‘American Grand Strategy’ (AGS) de Duke et l’école Sanford ont organisé conjointement un événement, intitulé ‘Une conversation avec le général Charles Q. Brown, Jr.’ Peter Feaver, directeur du programme AGS, et professeur de sciences politiques et de politiques publiques, anima cette rencontre.

A cette occasion, Brown révèle par rapport à sa fonction, qu’à ce niveau de responsabilité, on travaille avec des contrats renouvelables de 24 heures.’ Poursuivant, il fait une confidence. ‘Sachant que j’étais sous le feu des projecteurs, je ne me focalisais pas sur ma propre personne. J’ai dit à l’état-major interarmées : « Nous avons une mission à accomplir ».’

Executive-in-Residence

Le 2 juillet 2025, le provost Alec D. Gallimore a annoncé que le général à la retraite Charles Q. Brown Jr. occuperait le poste d’’Executive-in-Residence’ à l’université Duke pour une durée de deux ans, à compter de juillet 2025. Et va occuper conjointement selon ‘Duke Today,’ un poste au sein de Sanford School of Public Policy et de Pratt School of Engineering. Sa mission, coenseigner un cours lié au programme ‘American Grand Strategy’ de Duke. Un cursus interdisciplinaire visant à préparer les étudiants à des carrières dans les domaines de la politique étrangère américaine et de la sécurité nationale. Au sein de Pratt School of Engineering, il doit collaborer avec le corps professoral pour élaborer et dispenser des modules du programme ‘Character Forward’—qui intègre l’éthique et le développement du caractère à la formation technique. Participer aux activités du programme de Master en gestion de l’ingénierie (Master of Engineering Management). Il doit également intervenir en tant que conférencier invité dans d’autres cours et interagir avec les étudiants, les enseignants et les initiatives de recherche au sein de la communauté universitaire de Duke. Lire aussi: Etats-Unis/Armée de Trump : ‘Quiconque ne prête pas allégeance doit partir’. – Mibia ma Africa

Dans une interview accordée au ‘Chronicle’ le 25 août 2025, le général Brown a expliqué que sa‘décision’ d’accepter ces cours ‘était motivée par son intérêt constant pour le mentorat et l’inspiration en matière de leadership.’ Il a souligné que ce rôle lui permettait de ‘continuer à contribuer à l’avenir du pays sous une nouvelle forme, en assurant le mentorat de la prochaine génération de fonctionnaires et d’acteurs du changement.’

Expertise précieuse

S’exprimant sur le recrutement de cet ex-conseiller principal du président, Gallimore a déclaré, ‘nous sommes honorés d’accueillir le général Brown à Duke. Son expertise sera précieuse et d’une grande pertinence pour les étudiants et le corps professoral de Sanford, de Pratt et du programme « American Grand Strategy, » reflétant ainsi l’engagement de Duke envers l’apprentissage interdisciplinaire et l’engagement citoyen.’ Manoj Mohanan, doyen par intérim de l’École de politiques publiques Sanford, a affirmé que ‘le parcours exceptionnel du général Brown, son leadership au plus haut niveau au service de notre pays et son engagement profond en matière d’innovation et de stratégie de sécurité nationale sont un atout inestimable pour notre communauté.’ Poursuivant, il a dit, ‘son expérience et son expertise internationale seront un atout considérable pour Sanford, qui poursuit le développement de ses programmes en matière de sécurité nationale. Je me réjouis des échanges et de la collaboration que son séjour suscitera parmi les étudiants et les professeurs.’

Il a rappelé, que dans sa ‘Lettre d’innovation aux aviateurs’ de 2021, le général Brown écrivait que ‘l’innovation est bien plus qu’un simple mot à la mode ; elle va au-delà de la pensée créative et des attentes élevées.’ Pour réussir, ‘nous devons identifier correctement les problèmes, encourager les solutions décentralisées proposées par les individus et les équipes, et insuffler une culture de l’innovation à tous les niveaux. L’innovation repose à la fois sur des individus créatifs et sur des organisations qui les soutiennent pour transformer les concepts en réalité. Une idée qui n’est jamais présentée est pire qu’une idée qui ne fonctionne pas.’ Ensuite, il a fait savoir que ‘Les professeurs, les étudiants de master et de licence ont la chance de pouvoir échanger avec lui et apprendre aux côtés’ de ce général qui ‘s’est longtemps intéressé à la manière de piloter l’innovation au sein des forces armées pour suivre le rythme des évolutions technologiques rapides.’ Ce qui lui ‘confère une perspective unique qui rejoint nombre des priorités de recherche et d’enseignement définies par les dirigeants de Duke pour notre communauté.’ Peter Feaver a conclu en disant que ‘le général Brown est largement respecté en tant que haut gradé militaire possédant une vaste expérience à tous les niveaux de commandement, jusqu’au plus haut poste de l’armée.’

Trump déchiqueté

Dans une tribune publiée le 3 juillet 2026, dans la revue ‘Foreign Affairs,’ cet ex-pilote de chasse, principalement sur F-16 qui a piloté 20 autres aéronefs à voilure fixe et tournante, chef du Groupe d’action exécutif du chef d’état-major et instructeur sur F-16 Fighting Falcon à l’Ecole d’armement de l’US Air Force, critique sévèrement l’Administration Trump qui, depuis son retour au pouvoir, déploie l’armée pour des missions politiques. ‘Lorsque les présidents utilisent les forces armées pour des missions politiquement plus controversées, comme la lutte contre la criminalité urbaine, la tâche de l’armée devient plus délicate.’ A-t-il écrit en collaboration avec Peter Feaver et Andrew Kragie, avocat en Caroline du Nord. Pour ces auteurs, ‘opter pour une solution militaire plutôt que de remédier aux défaillances ou dysfonctionnements sous-jacents des institutions civiles détourne l’armée de sa mission premièrele combat.’ ils poursuivent. ‘Il n’appartient pas à l’armée de sauver la République des impasses politiques.’ En effet, ‘trop en demander à l’armée, c’est mettre en péril l’ensemble de l’entreprise.’ Ecrivent Brown et les autres dans ‘Foreign Policy.’ Ce qui sous-entend que dans une relation entre ‘L’armée et la République,’ il y a ‘ce que les forces armées américaines peuvent—et ne peuvent pas—faire pour la démocratie.’

Revitaliser l’interdépendance nationale  

Ils poursuivent, ‘le patriotisme consiste à reconnaître la promesse des fondations de l’Amérique, les progrès accomplis par le passé et le potentiel d’un avenir partagé.’ Malheureusement, les Africains, singulièrement une certaine race de Camerounais, ont toujours déconnecté le fil conducteur qui part du passé pour alimenter le futur.

Alors des élites militaires et civiles américaines, se plaignent que ‘les célébrations de la fondation de l’Amérique et les réflexions sur ses idéaux négligent souvent le rôle central des relations civilo-militaires,’ les Camerounais trouvent à redire sur la culture de la relation ‘Nation-Armée’ chaque fois prônée et célébrée dans leur pays. Pourtant, ‘que l’on porte l’uniforme ou non,’ les grands moments de l’Histoire du Continent doivent être utilisés ‘pour revitaliser l’interdépendance nationale.’ Enseigne le général Brown.

Feumba Samen

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