Une réduction supplémentaire d’au moins 10 % des officiers généraux et amiraux était prévue dans le cadre de la révision du Plan de commandement unifié.

L’administration Trump a procédé à une épuration dans le haut commandement de l’armée. Un exercice qui vide l’armée d’une génération de chefs aguerris au combat. Les hauts gradés limogés, poussés au départ ou mis à la retraite durant le mandat (toujours en cours) de Pete Hegseth, secrétaire à la Défense rebaptisé ‘Département de la guerre,’ le 5 septembre 2025, sont nombreux. Leur départ ne suit aucune logique.
Jalon historique
Le 14 janvier 2025, avant que Pete Hegseth ne prenne fonction, il avait lors de son audition devant le Congrès, expliqué que les Etats-Unis ont ‘gagné la Seconde Guerre mondiale avec sept généraux quatre étoiles. Aujourd’hui, nous en avons 44… Il existe une relation inverse entre la taille des états-majors et la victoire sur le champ de bataille. Nous n’avons pas besoin de plus de bureaucratie au sommet. Nous avons besoin de plus de combattants.’ Poursuivant, il a souligné que réduire la bureaucratie au sein du Pentagone, c’était ‘cela sera [son’] travail, travailler avec ceux que nous recrutons et avec ceux au sein de l’administration, pour identifier les endroits où on peut éliminer le gras afin de la rendre plus redoutable.’ En décembre 2024, le Pentagone rappela qu’entre 1965 et 2018, le nombre d’officiers généraux et amiraux de l’armée américaine avait augmenté de 46 %. Celui des officiers 4 étoiles de 114 %. Et celui des officiers 3 étoiles de 149 %. Sur ces données, il ne cacha pas sa volonté de déflater le haut de la pyramide hiérarchique de l’armée. L’US Army seule risquait environ 5% de réduction des 219 postes d’officiers généraux d’active.
Aligner l’armée sur les priorités politiques
Entrée en fonction fin janvier 2025, Trump veut utiliser ces statistiques ‘pour aligner les forces armées sur ses priorités politiques.’ La réduction du nombre de généraux et d’amiraux en exercice d’au moins 20% est envisagée. Soit un général 4 étoiles (grade le plus élevé dans l’armée américaine) sur cinq de l’armée d’active va disparaître (ils étaient 44). Une proportion de 20 % d’officiers généraux de la Garde nationale devraient être charcutés. Une réduction supplémentaire d’au moins 10 % des officiers généraux et amiraux était prévue dans le cadre de la révision du Plan de commandement unifié.

Dans une vidéo (https://x.com/SecWar/status/1919499390370066650/video/1) publiée sur ‘X,’ ce 5 mai 2025, intitulée ‘Less Generals, more GIs’ (Moins de généraux, plus de combattants), Pete Hegseth fait savoir que ces coupes seraient réalisées en deux étapes—D’abord, les généraux quatre étoiles et ceux de la garde nationale. Cette décision n’est pas destinée à ‘punir des militaires hauts gradés.’ Se justifia-t-il. Ajoutant qu’elle avait pour objectif de ‘maximiser la bonne préparation stratégique et l’efficacité opérationnelle.’
Purge totalement injustifiée
En février, Trump congédie brusquement et sans explication, le général Charles Q Brown de US Air Force (Chef d’état-major des armées et président du Comité des chefs d’état-major interarmées). Ont également été renvoyés l’amirale Lisa Franchetti, cheffe de la marine américaine, l’amirale Linda Fagan, nommée par Joe Biden à la tête des garde-côtes américains et première femme à diriger l’une des six branches de l’armée, le vice-chef d’état-major de l’armée de l’air et plusieurs avocats militaires de haut rang.
Outre ces généraux et amiraux, Trump et Hegseth chassent de l’armée de Terre, le général Chris ‘CD’ Donahue. Nouveau nom de premier plan à la liste interminable des hauts responsables militaires ayant été forcé à quitter le Pentagone sous le mandat de Hegseth. Avant lui, il y avait, le Général Randy George (Chef d’état-major de l’armée de terre et officier supérieur de cette branche. Le Général David Hodne (Chef du Commandement de la transformation et de l’entraînement de l’armée de terre). Le Major-général William Green Jr. (Chef des aumôniers militaires). Le Colonel Dave Butler (Officier supérieur ayant travaillé en étroite collaboration avec le général George Randy). Le Lieutenant-général Joe McGee (Officier général trois étoiles de l’armée de terre).
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Ils sont aussi plusieurs officiers supérieurs à être éjectés de la Marine. L’Amiral Alvin Holsey (Chef du Commandement Sud des Etats-Unis). Jon Harrison (Chef d’état-major de la marine). Le Contre-amiral Milton Sands (Officier des Navy SEALs et chef du Commandement des opérations spéciales navales). Le Lieutenant-générale Jennifer Marie Short. Mais surtout, le Vice-amirale Shoshana Chatfield, la seule femme siégeant au Comité militaire de l’OTAN. La liste inclut également l’ancien secrétaire à la Marine John Phelan, contraint au départ plus tôt cette année 2026.

Des têtes tombent également au sein de l’armée de l’Air. Les Généraux David Allvin (Chef d’état-major de l’armée de l’air) et James Slife (Ancien vice-chef d’état-major de l’armée de l’air), sont liquidés. La tronçonneuse de Hegseth et Trump passe également au sein des renseignements. Le Lieutenant-général Jeffrey Kruse (Directeur de l’Agence de renseignement de la défense (DIA)) et Le Général Timothy Haugh (Chef du Cyber Command et directeur de l’Agence de sécurité nationale (NSA)), sont écartés du commandement.
Jack Reed, membre du Comité des forces armées du Sénat, a qualifié cette purge ‘d’initiative dangereuse rompant avec 250 ans de précédents.’ Il a affirmé que ces responsables étaient des ‘professionnels hors pair’ dévoués à la défense de la Constitution et leur limogeage était ‘totalement injustifié.’
Civils non-épargnés
A l’arrivée de Trump au pouvoir en 2025, le Département de la Défense (DOD) employait environ 760 000 civils. Son régime a annoncé son intention de réduire ce nombre de 5 à 8 %. Soit plus de 61 000 personnes, ‘pour générer de l’efficacité et recentrer le ministère sur les priorités du président.’ Les premiers licenciements avaient été annoncés le 3 mars 2025. La DLA (Defense Logistics Agency), chargée du soutien logistique des forces US, et employant environ 25 100 personnes, avaient notifié une centaine de licenciements dès ce 3 mars. De nombreux services fédéraux avaient aussi reçu l’ordre de placer en congé administratif des employés en période d’essai.

Phénomène de Pygmalion
Cette politique de Trump-Hegseth doit encore plus affecter les minorités. Déjà que, ‘bien que les officiers issus de minorités—noirs, hispaniques, asiatiques—restent plus longtemps dans l’armée, [ils] reçoivent moins souvent des promotions vers les grades supérieurs.’ Explique Maria Lytell, l’une des auteurs du rapport de la ‘RAND Corporation’ (2023) qui examine la fidélisation des officiers issus des minorités au sein de l’Armée de Terre américaines. Elle poursuit. ‘la diversité raciale et ethnique est plus visible dans les grades supérieurs des soldats du rang que dans les grades supérieurs des officiers. En effet, les soldats du rang montrent une progression vers la diversité au fil de leur carrière,’ Evoquant le ‘phénomène de Pygmalion,’ (phénomène psychologique selon lequel les attentes des autres envers un individu influencent le comportement et les performances de ce dernier), ce rapport souligne que ‘certains officiers estiment devoir fournir plus d’efforts que les autres pour obtenir certaines opportunités.’
Saper la compétence
Adam Smith, membre du Comité des forces armées de la Chambre des représentants et Jack Reed, résument de façon excellente, la pensée politico-militaire du régime Trump. Dans une vidéo postée sur ‘X,’ Adam Smith déclare. ‘Quiconque ne prête pas allégeance doit partir.’ Il poursuit. ‘Cela sape vraiment la compétence et la capacité des personnes qui servent notre pays.’ Le 29 octobre 2025, le démocrate Jack Reed, soutient que ‘ce que Trump et Hegseth essaient de faire, c’est de politiser le ministère de la Défense’ (https://youtu.be/SGroE0941Xs). Compromettant ainsi la longue tradition d’apolitisme de l’armée. Poursuivant, il avertit contre ce ‘début d’une dégradation très, très sérieuse de l’armée,’ dont la réparation pourrait prendre des générations. En rendant le Pentagone ‘redevable au président plutôt qu’à la Constitution,’ Trump et Hegseth érodent le contrôle civil sur les forces armées. Condamne Reed. Sur ces faits, il a établi un lien entre ces limogeages et la politisation d’autres agences, comme la nomination de personnalités partisanes telles que Kash Patel à la tête du FBI.
Feumba Samen
