Justice  internationale: L’AES  claque la porte de la CPI.      

Félix Epée
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Les gouvernements du Burkina Faso, du Mali et du Niger, réunis au sein de la Confédération des États du Sahel (AES), annoncent leur décision souveraine de se retirer du Statut de Rome instituant la Cour pénale internationale (CPI), avec effet immédiat.

Le retrait du Mali, du Niger et du Burkina Faso de la Cour pénale internationale (CPI) est une « décision souveraine », précise le communiqué officiel rendu public le 22 septembre dernier et signé par Assimi Goïta, Président de la Confédération des Etats du Sahel (AES), par ailleurs président de la Transition et chef de l’Etat de la République du Mali.

La déclaration commune affirme qu’ « à l’épreuve du temps », la CPI s’est transformée « en instrument de répression néocoloniale aux mains de l’impérialisme, devenant ainsi l’exemple mondial d’une justice sélective ».

Dans ce même communiqué, les responsables de cette confédération s’indignent que « la CPI s’est montrée incapable de prendre en charge et de juger des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité, des crimes de génocide et des crimes d’agression avérés. Pendant qu’elle a observé un mutisme inexplicable, déroutant et complaisant à l’égard des auteurs de tels crimes, elle s’acharne contre certains acteurs ne relevant pas du cercle fermé des bénéficiaires de l’impunité internationale institutionnalisée, y compris en violation de son Statut ».

Pour le Mali, le Niger et le Burkina, c’est ce principe de deux poids deux mesures qui les ont poussé à claquer la porte.

De gauche à droite, Assimi Goïta, Abdourahame Tchiani et Ibrahim Traoré, respectivement chef d’Etat du Mali, du Niger et du Burkina Faso décidés d’aller ensemble vers une souveraineté totale.

« Cette décision s’inscrit dans la volonté affichée des Etats membres de l’AES d’affirmer pleinement leur souveraineté », précise l’annonce.

Les Etats membres de l’AES décident de recourir à cet effet aux mécanismes endogènes pour la consolidation de la paix et de la Justice tout en réaffirmant leur volonté d’assurer la promotion et la protection des droits de l’Homme en adéquation avec leurs valeurs sociétales et de lutter contre toute forme d’impunité.

C’est pour cela qu’en mars dernier, une décision de créer une Cour pénale et des droits de l’homme de l’Alliance des États du Sahel a été prise et annoncée par les ministres de justice de ces trois gouvernements après concertation. La réflexion avait également été lancée pour la construction d’une prison régionale de haute sécurité afin de renforcer la lutte contre le terrorisme et les crimes graves dans l’espace sahélien.

Les responsables de l’AES déclarent également que ce départ de la CPI est « à effet immédiat » mais ils ne précisent pas s’ils ont déjà effectué ces demandes auprès du Secrétaire général de l’ONU. Les textes onusiens sont précis : la procédure, une fois la requête déposée, est effective au bout d’un an et la CPI reste donc compétente durant ce délai comme pour tous les faits antérieurs. Ont-ils pris les mesures pour contourner ce guêpier ?

En guise de rappel le Burkina Faso, la République du Mali et la République du Niger ont souverainement ratifié le Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI) respectivement le 16 avril 2004, le 16 août 2000 et le 11 avril 2002 quand ils le jugeaient encore opportun et croyaient qu’il pouvait jouer un rôle majeur dans le rétablissement de la justice et la paix dans le monde.

Source: Ouaga.com, Rfi.fr & mibiamaafrica.com

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