La décision est du juge des référés du tribunal de première instance de Bonanjo à Douala.

C’est un grand camouflet que vient d’essuyer la partie adversaire à l’instance dirigeante du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem), parti de l’opposition camerounaise, dans l’affaire les opposant sur l’organisation des obsèques de leur président Anicet Ekanè et l’occupation de son siège à Bonadiong-Akwa. Alors que nous sommes encore dans l’imbroglio de l’organisation des obsèques, le tribunal de première instance de Bonanjo à Douala vient de débouter trois adelphes du défunt de leur volonté de s’accaparer du local faisant office du siège de ce parti. Local, objet de litige qu’ils estiment appartenir à leur patrimoine familial mais qui fait jusqu’à l’heure actuelle l’objet d’un bail dont le contrat est signé par Marianne Simon Ekane, une des ayant-droits.
Restituer les clefs
Le TPI de Bonanjo à Douala a donc statuer, à travers une ordonnance, en prescrivant au groupe de trois, Ekanè Ebenezer, Geneviève et Gertrude Ekanè, qui s’oppose à la présence du Manidem dans ces locaux, de restituer toutes les clefs du siège de ce parti à son président par intérim Valentin Dogmo, et de permettre à l’occupant de jouir de la chose louée avec rejet de la demande de mise sous séquestre de l’espace querellé. De surcroît, le tribunal ordonne la cessation de tout trouble de jouissance et l’ouverture forcée des portes du siège de ce parti jusqu’à la clôture des obsèques de Georges Anicet Ekanè. Il ordonne par ailleurs le retrait de tous les véhicules et autres objet obstruant l’accès dudit siège. Aussi de réapposer la plaque portant les inscriptions du parti qui y avait été arrachée. Lire aussi: https://mibiamaafrica.com/cameroun-au-tribunal-anicet-ekane-trahi-les-siens/
L’actualité s’y prêtant, cette décision est suivie d’un communiqué du bureau politique du Manidem dénonçant la volonté des bourreaux d’Anicet Ekanè et leurs sous-traitants, parlant ainsi quelques personnes recrutées dans le cercle familial, politique et amis du défunt, de l’enterrer dans l’anonymat. Car, estime-t-il, tout est fait pour atteindre ce but par la rétention de la décision judiciaire désignant Muna Ekanè l’administrateur des obsèques. « A ce jour, l’expédition de ce jugement n’a pas encore été servie au Manidem, ce qui rend impossible toute possibilité d’appel », lit-on dans le communiqué.
Vers une capitulation?
Le même communiqué annonce que » Anicet Ekanè sera enterré dans l’anonymat mais, son œuvre, pour laquelle il a donné sa vie jusqu’au sacrifice suprême, va continuer à rayonner… »
Le Manidem aurait-il capitulé, au regard de ce communiqué, face à la décision du juge des référés du TPI de Bonanjo ou le tribunal a-t-il donné une décision en sa faveur dans une affaire pour l’amener à lever le pied dans l’autre ?
Au même moment la veuve Ekanè née Songuè Jeanne Edwige dénonce le faire-part annonçant les obsèques de son mari le 09 mai prochain sur lequel est inscrit son nom sans son consentement. Une autre position qui contribue à entretenir la confusion autour des funérailles de son défunt époux et leader national du Manidem.
Acheminons-nous, à cette allure, vers l’idée d’un boycott de ces obsèques sous la direction de Muna Ekanè, tel que préconisé par Marianne Simon Ekanè, d’une collaboration avec l’administrateur de cette cérémonie ou d’une organisation des obsèques parallèles par la Manidem à une date plus convenable à l’épouse et aux membres de ce parti ? A suivre.
Félix EPEE
